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Langues du quotidien/langues maternelles Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Presse Colloque 17-04-2007   

Table ronde n°1 : Colloque de Sociolinguistique urbaine 1. Table ronde numéro 1. Lundi 16 avril après-midi
"Langues du quotidien/langues maternelles", le retour en force, la prise en main.
Modérateur : Catherine Miller

1 - Jacqueline Billiez, Cyril Trimaille, Myriam Abouzaïd - LIDILEM, Université Stendhal – Grenoble III
"Zooms sociolinguistiques sur les chansons du groupe Hoba Hoba Spirit"
Dans un contexte de changements sociaux et culturels, on assiste, ces dernières années, à une nette évolution du statut de la darija au Maroc. Celle-ci pénètre désormais des champs dont elle était jusqu’alors souvent exclue (chanson à textes, littérature, par exemple). Ce n’est sans doute pas un hasard si ce processus de réhabilitation prend de l’ampleur ces derniers temps, puisqu’en effet, sept ans après le commencement d’un nouveau règne, la jeunesse marocaine bouge, le pays est en ébullition culturelle, musicale, politique,… Aujourd’hui, c’est une génération décomplexée qui prend la parole pour parler de son pays.  

Le groupe casablancais Hoba Hoba Spirit est un exemple éloquent de cette prise de parole. Pour dire le Maroc actuel tel qu’il est véritablement, il s’exprime naturellement en darija qui est utilisée, dans leurs chansons, avec le français, l’anglais, et parfois un peu d’espagnol et de berbère, opérant ainsi de nombreux croisements de langues. Une pluralité linguistique pour décrire un Maroc pluriel.

Nous proposons de mettre en évidence comment ces textes donnent à voir l’identité plurielle de ce nouveau Maroc. Une identité plurielle, mais surtout inclassable, originale, inédite, à l’image du style musical adopté que le groupe lui-même qualifie de « hayha » musique (« effervescence »). La mixité, le mélange à la fois géographique (rencontre de l’Afrique et de l’Occident) et temporel (alliance de la tradition et de la modernité) se trouvent ici à l’honneur.

Grâce à l’étude de l’emploi des langues dans les chansons des deux albums de Hoba Hoba Spirit, nous tenterons de mieux cerner le tableau à la fois optimiste et inquiet, positif et critique, fier et révolté qui nous est offert du Maroc. Nous verrons aussi comment la langue parle de la langue, comment le groupe, dans ses chansons, offre un véritable plaidoyer en faveur de la seule langue qui parle sans ambages et à tous.

2 – Driss Ksikes, ex-directeur de l'hebdomadaire Nichane
Philosophie Nichane : de la naissance au procès.

A sa naissance, le magazine est porté par une philosophie où la darija occupe une place centrale, et que j'expliciterai à travers trois angles : Liberté,identités, proximité. Plus tard, l'affaire Nichane a également été déclenchée avec en toile de fond la place de la darija dans la société. Cela pose encore une fois une problématique que j'aborderai à partir de trois entrées : Le discours populaire, la sacralité, l'élite.

3 – Dominique Caubet, PU Arabe Maghrébin – INALCO, Directrice du CREAM (LACNAD)
"Darija a-t-elle désormais sa place sur le devant de la scène?"

Depuis juin 2002, avec le numéro "historique" de l'hebdo marocain Telquel, qui titrait : "Darija langue nationale" sans provoquer de réaction indignée (manque de visibilité ? début de prise de conscience ?), mais surtout dans l'après 16 mai 2003 (attentats suicides de Casa qui ont réveillé les consciences), darija, sujet presque tabou a commencé à être réellement discutée et revendiquée dans les médias marocains.

Alors qu'auparavant, la seule façon d'aborder le sujet était de parler de patrimoins marocain, le choc des attentats a permis de parler ouvertement de la questiion.

Darija, autrefois associée à l'arriération et à l'analphabétisme, a pu être liée à la modernité et au développement de la démocratie. Noureddine Ayouch, PDG d'une des plus grandes agences de publicité du Maroc, Shem's, et créateur de la Fondation Zakoura (micro-crédit, éducation informelle) a annoncé publiquement le projet de création d'une chaîne de télévision entièrement en darija (Maroc Hebdo International n. 583, 5-11 décembre 2003, p. 26) :

« Nous voulons répondre, à travers de ce projet, aux problèmes d’obscurantisme, de violence et d’intolérance qui portent préjudice au développement de notre pays. (…)  Moufida participera à l'édification d'un Maroc démocratique fort des valeurs traditionnelles telles que la solidarité, le respect des autres et le goût d'entreprendre (…) Notre objectif est de montrer l’autre face du Maroc, celui qui bouge, qui entreprend, qui réussit, qui n’est ni fataliste, ni obscurantiste. »

Par ailleurs, sans crier gare, darija s'est imposée dans les NTIC, avec un passage à l'écrit spontané sur internet et dans les SMS, utilisant une graphie latine modifiée et toute une génération sait désormais lire et écrire couramment ce qu'on appelle la e-darija (voir http://www.marockmagazine.com/).

Enfin, depuis 2006, des voix s'élèvent pour renommer darija "el-maghrebiya" ou "le marocain" et dans le même temps la convoque comme un élément déterminant de l'identité marocaine :

Telquel n. 230 (juin 2006), le directeur Ahmed Benchemsi écrit dans on édito intitulé  “Wa derrej a khouya!: “Il faut à tout prix que nous sortions de ce brouillard linguistico-identitaire. Il faut trancher, et faire simple : notre seule langue commune, c'est la darija. Certains traduisent darija par "arabe marocain". Je ne suis pas d'accord avec cette traduction, c'est "du marocain", tout court. (…) C'est quand même incroyable que nous nous interrogions encore sur notre véritable identité, alors que nous l'avons tous les jours sur le bout de la langue ! (…)”

Le journaliste et chanteur de Hoba Hoba spirit Réda Allali, écrit dans Telquel 231 (juin 2006) :

“Et le long mensonge d'un Maroc monolithique culturellement vole en éclat. C'est l'occasion de nous regarder enfin dans les yeux pour constater que nous sommes Arabes, mais aussi Amazighs, Africains… Fans de Oum Kalthoum, mais aussi de Bob Marley. C'est l'occasion de chercher notre dénominateur commun – la darija par exemple (…)”

 

4 - Christophe PEREIRA
Doctorant / Chargé de Cours INALCO ; CRÉAM – LACNAD (Paris)
 « Les textos et les chats à Tripoli (Libye) - Quelle utilité, pour quel(s) emplois, en quelle(s) graphie(s) ? »

Quelle est l’utilité du texto à Tripoli ? Pourquoi envoyer des textos, alors que leur prix est élevé ? Comment les écrit-on ? J’ai effectué une enquête de terrain à Tripoli du 9 au 23 novembre 2006 et j’ai relevé un corpus de textos. En s’appuyant sur ce corpus, le but de cette communication est de voir quels sont les emplois de ces textos, quelle est la fonction des textos et d’étudier les conditions du passage à l’écrit afin de voir en quelle graphie ils sont rédigés (graphie arabe ou graphie latine ?), notamment en faisant une comparaison avec celle utilisée lors des chats.  

Invité : Adil Mafhoum  «Raven» de www.marockmagazine.com

Le Concert au théâtre Mohammed VI :
ZWM (Zlag Wela Mout) et Fes City Crew

Fes City Crew   ZWM

 

 
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