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"Musique et échanges transméditerranéens" / ici-là-bas Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Presse Colloque 18-04-2007   

2. Table ronde numéro 2. Mardi 17 avril matin
"Musique et échanges transméditerranéens" / ici-là-bas.
Modérateur : Cyril Trimaille

5 – Claudine Moïse, Université d’Avignon
"Danse et paroles hip hop, de la richesse des échanges transméditerranéens"

Si la danse hip hop exprime avec toujours autant de force la révolte sociale de certains jeunes dits des banlieues, elle a su trouver au fil du temps une expression artistique et chorégraphique qui lui est propre, diversifiée et aboutie. Parmi toutes les formes qu’elle développe, elle se voit traversée aussi, depuis ces dernières années, par des prises de parole et des recherches d’ancrage, nécessaires et captivantes. Bien sûr, dès le début, dès les années 90, passage sur scène oblige, les groupes ont voulu dire leur monde. Mais le propos était narratif, en comédie musicale, ou en description stéréotypée de la banlieue. Ils avaient leur amertume à fleur de danse. Il fallait cracher sa vie. Le temps a passé. La quête s’est faite pour certaines compagnies, sur l’origine, sur les chemins de banlieue ou sur le sens d’un monde spectacle.

A travers certaines créations, par leur présence sur scène et par les propos  investis, les danseurs hip hop affirment désormais une autre façon de dire la diversité. La danse hip hop, sans autre ambition que la force revendicatrice d’un geste artistique dit, tout comme le font les chanteurs ou les comiques, une nouvelle façon d’être français, une visibilité nécessaire, dans toutes les différences et les origines possibles. Par leurs créations, empreintes de ce qu’ils sont, de là où ils viennent, de leurs quêtes, leurs bonheurs ou leurs douleurs, ils modulent le paysage monoculturel français. Ils nous ramènent, sans simulacres ni polissages, à une histoire complexe et multiple. Les danseurs s’installent dans le creuset français, ils bousculent sans effroi l’identité française ; ils peuvent en révéler les aspérités pour l’enrichir.  

Certaines compagnies françaises ont eu besoin de traverser la méditerranée pour dire cette histoire multiple, et pour se dire. Ils l’ont fait dans l’échange et dans la création avec d’autres jeunes du Maroc ou d’Algérie. Ainsi Kader Attou de la compagnie Acrorap cherche dans les dialogues et les croisements, ailleurs et en lui, l’essence de ses pièces.  Il y a eu Douar, créé à Alger, avec des danseurs de là-bas, et ceux d’ici au passé de là-bas. Douar, ce sont deux mondes - ici et là-bas - qui se cherchent mais aussi les partances empêchées, l’ennui et les morts , les rêves impossibles de France, les origines et l’immigration.

Il s’agira de voir alors ici ce que traduisent, à travers expression chorégraphique, textes et récits de vie, ces passages obligés et ces recherches de l’autre bord.

6 - Hadj Miliani, Université de Mostaganem,
"Etude populaire et langage générationnel : Billal chantre des Hittistes et des Harraga"


La violence symbolique que profile la chanson raï conjugue un lexique fortement démarqué de l’échange langagier de conflit, un ensemble de valeurs réifiées : honneur, vertu, ascendance noble ou maraboutique, pudeur, virilité, religiosité, etc. (horma, qdar, hemma, kelma, etc.). Les configurations des conflits et des violences sont thématisées- et c’est là toute l’action de désamorçage symbolique- en termes de typification et d’individualisation des rapports. Dans la configuration de la chanson raï, un chanteur se distingue depuis une dizaine d’années, cheb Billal. Son ‘raï chaabi’ qui varie bluette sentimentale et affirmation moralisante suscite un engouement en Algérie et au Maroc pour chacune des productions : de sa première K7 Ghorba ou l’hem à Njibha fi Roma(2005), La Naza (2005), 1 milliard (2006). Billal (qui vit pourtant depuis plus d’une décennie en France) est l’illustration exemplaire de la conformité du raï d’aujourd’hui avec les évolutions du Maghreb des 20 dernières années.  Ses chansons prennent en quelque sorte en charge les différentes sédimentations des grandes espérances et des utopies les plus prégnantes des trente dernières années : égalitarisme de la période socialisante ; rapport au religieux comme instance ultime de reconnaissance du vrai et du faux, du sincère et du parjure. Au même titre d’ailleurs que la profession de foi  la plus brutale (mais sous-entendue) de l’individualisme  et du principe du chacun pour soi.

Mon intervention interrogera la combinaison particulière d’un substrat anthropologique fondé sur des conduites d’honneur et de culture masculine avec des aspirations générationnelles. Ces configurations seront principalement analysées au travers des modalités langagières mises en œuvre dans un corpus de chansons les plus populaires du chanteur.

 

7 - Alexandrine Barontini, INALCO – LACNAD-CRÉAM

"Louzine ou la fabrique d’une culture alternative en France et en Algérie"

Les liens, les échanges, les influences entre le Nord de l’Afrique et la France se concrétisent avec succès dans certains lieux culturels de la région parisienne.

L’association L’Usine, « créée en 1998 par Elho (Hocine Boukella, musicien et dessinateur de presse algérien), Hanni Ryad (directeur du label musical "Samarkand") et l'Orchestre National de Barbès (groupe musical maghrébo-français), est un collectif autofinancé d'artistes maghrébins et français qui ont décidé de s'unir pour louer une ancienne usine située à Arcueil [dans le Val-de Marne] afin d'en faire un lieu de travail, de rencontres et de création artistique » [www.louzine.net].

L'Usine regroupe aujourd'hui plus de 100 artistes de tous horizons, musiciens pour la plupart, mais aussi dessinateurs, peintres, photographes, écrivains qui exercent leur profession dans des studios de répétition et d'enregistrement et des ateliers (de peinture et dessin, de photographie, de musique).

Les artistes de L’Usine (ou Louzine) se produisent autant en France qu’au Maghreb (en Algérie notamment). L’association a aussi organisé régulièrement des soirées intitulées « Opération Louzine » dans des salles parisiennes en co-production avec ces salles.

À travers l’histoire, la vision, la démarche des fondateurs, des membres qui y travaillent, des partenaires de Louzine, il sera possible d’aborder les questions de la diversité des langues et des identités en « émigration - immigration », dans les contextes français et algérien ou marocain actuels.

 

8 - Marielle RISPAIL, IUFM de Nice, LIDILEM de Grenoble

"Abd Al Malik, chansons d'une à l'autre rive"

Entre rupture et continuité, il semble que de nouveaux espaces se créent par la chanson, à travers des chanteurs ou des groupes qu’on a du mal à situer géographiquement tant ils s’appliquent à être d’ici et là-bas. Abd al Malik est de ceux-là, presque trop célèbre fin 2006, inconnu au printemps 2006 quand nous avons commencé à travailler sur ses textes.

On est frappé de son importance médiatique fulgurante, due sans doute autant à ses chansons qu’au discours par lequel il les accompagne dans les media.

Nous nous interrogerons donc d’abord sur le lien tissé entre textes chantés et discours dits, sur l’interaction entre les uns et les autres, pour en déterminer la ou les fonctions. Puis nous essaierons de dessiner au plus près l’espace imaginaire créé par les textes en échos d’Abd Al Malik, en identifiant ses dimensions linguistiques, géographiques, identitaires et symboliques.

Cela nous amènera pour finir à nous demander à quel public sont destinés ces mots, ou à quel public rêvé, ou pour la création de quel territoire. Cette étude devrait nous permettre d’approfondir notre réflexion sur la chanson et sa fonction sociale, èbauchée dans plusieurs travaux déjà, particulièrement dans le champ de la sociolinguistique urbaine.

 

 
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