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"Rap" / musique des jeunes Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Selwane.com   

Table ronde numéro 3. Mardi 17 avril après-midi.
"Rap" / musique des jeunes

Modérateur : Claudine Moise

9 - Nicolas Puig IRD/IFPO
"Un nouveau type de chanson politique et sociale : le rap palestinien"

« Regarde le Liban, le pays de la beauté. Au centre-ville (down-town) des jeunes intelligents, regarde de plus près, approche-toi, vers l’obscurité, qu’est-ce que tu vois, ya men, des camps. Tu vois ce lieu et tu t’en prends plein la gueule (...)  ». Katiba Khamsé, Borj al-Barajné, Liban

La chanson politique et patriotique palestinienne a grandi sous l’aile de la résistance. La Firqat al-Markaziyya (« l’orchestre central »), créée dans les années 1960, compose nombre de chansons inspirées d’airs folkloriques palestiniens arrangés avec des rythmes de musiques militaires occidentales. Une dizaine d’années plus tard, au Liban, la Firqat al-funnun al-sha’abiyya (« l’orchestre des arts populaires ») qui produit des musiques palestiniennes et des chansons révolutionnaires voit le jour sous l’égide de l’OLP. Depuis sa création en 1993, l’orchestre Hanîn lil-ughniya al-filastiniyya (Hanîn pour le chant palestinien) basé à Saïda perpétue la tradition des chants patriotiques et politiques. Les thèmes abordés (nostalgie pour la patrie perdue, droit au retour, etc.) ne remettent pas en cause la politique de bonnes relations avec les autorités libanaises, ils sont ainsi relativement inoffensifs, et pour les autorités libanaises, et pour les régimes arabes en général.

Par rapport à cette anesthésie du pouvoir subversif des musiques, le rap offre un paysage tout à fait différent au Liban comme en Palestine. Véhiculant une tradition de critique sociale bien comprise par une nouvelle génération de chanteurs, le rap qui se développe actuellement dans les camps du Liban ou les villes de Palestine, prend davantage en compte les aspects « intérieurs » de la vie des habitants. Ceux-ci trouvent dans ce style un vecteur expressif leur permettant d’aborder la question des conditions de vie « ici et maintenant », sans non plus oublier la cause qui continue de représenter un motif récurrent. Le rôle de critique sociale est ainsi assumé par le rap et non plus par la chanson nationaliste qui se tient désormais sur des registres consensuels au sein du monde arabe.

Ainsi, les rappeurs abordent frontalement les problèmes, en partie communs et en partie spécifiques, des nouvelles générations : réfugiés au Liban, palestiniens d’Israël, de Gaza et de Ci-Jordanie. Peu reconnu, le rap palestinien utilise pour se développer des réseaux alternatifs et circule dans les soubassements des univers médiatiques. Ce défaut d’institutionnalisation dans des circuits étatiques ou commerciaux lui offre une liberté de ton inédite. Mon propos consistera donc en une exploration de ce monde de la musique alternative que le rap représente en Palestine, au Liban et en Israël.
 

10 –Gilles Suzanne, Marseille
“La dynamique créative d’une ville: le cas de Marseille”

Ces dix dernières années, Marseille a été promue par la presse spécialisée au rang des villes rap ou encore ragga, comme haut lieu de la scène musicale française. Au-delà de la sur-représentation médiatique, nous pouvons nous demander à quoi tient cette vitalité créative de la citée phocéenne ? La même question pourrait-être posée à propos de Casablanca comme scène artistique. Différentes recherches autour de ce thème nous ont permis de rendre compte des intrications fortes qui lient la ville et la créativité qui s’y déploie. Nos travaux ont d’abord porté sur la manière dont des styles musicaux (ragga en occitan, rap dit marseillais, électro-acoustique ou nouvelles polyphonies occitane, etc.), qui revêtent a priori l’apparence de simples versions locales de genres musicaux mondialisés (le reggae, le ragga ou le rap), constituent en réalité des formules esthétiques authentiques (ayant leurs propres qualités prosodiques et musicales, leurs propres contenus thématiques). Pour conférer à ces musiques une certaine visibilité publique, leurs auteurs ont trouvé ou constitué dans la ville les ressources nécessaires à cet effet : de la rue aux fêtes privées, des salles des centres sociaux aux premières scènes du centre ville et autres festivals… Mais, avant tout, ils se sont immiscés dans les studios des premières radios associatives locales (ce qui peut faire renvoi à l’émergence de « radios marocaines jeunes ») pour les mobiliser comme laboratoires de leur création et comme premier format d’écoute donnant prise sur la ville et ses publics. Au-delà, les acteurs de ces musiques ont également puisé dans le fond culturel de la ville (langage local – patois - et manière de le performer – accent -, collectage d’effets sonores portant la marque des lieux, histoires locales…) toute une vitalité propre à façonner une originalité à leurs créations sonores. C’est autour de cet élan musical que la ville a fait corps. L’activité de ces créateurs a progressivement mordu sur d’autres régions sociales trouvant là l’occasion de se répandre parmi les peuples urbains : ceux constitué de la jeunesse marseillaise et de ses modes et styles de vie (travaillant leur corps dans la ville et dans la danse) ou, dans des registres plus critiques, parmi ceux qui portent collectivement la défense de causes publiques et politiques (chansons contre la montée du nationalisme ou contre la spéculation foncière)… D’une autre manière encore, la ville a fait masse autour de cet essor musical en devenant le lieu d’extension et d’exercice de véritables mondes de la musique : critiques musicaux, producteurs, programmateurs, directeurs d’antenne radio, éditeurs et jusqu’aux chargés de missions « Musiques Actuelles » dans les collectivités territoriales… constituant peu à peu un véritable secteur professionnel pour ces musiques. En quelque sorte, les vingt-cinq dernières années de l’activité musicale marseillaise (du moins en ce qui concerne les genres musicaux sur lesquels nous portons notre attention) ont transformé la ville (en termes de centralité urbaine - émergence d’un district productif et performatif –, en termes symboliques – image valorisée de la ville : movida marseillaise, scène marseillaise… - et en termes de perpétuation d’usages sociaux – maintien de la langue occitane et recharge des parlés populaires locaux et également d’une valeur d’usage et pas seulement d’échange aux lieux de la ville) tout autant que les qualités urbaines de celle-ci (un centre ville longtemps libre d’affectation et traversés par de nombreux chemins migratoires) leur a donné l’occasion d’accomplir leur percée. Il va sans dire, bien sûr, que cette dynamique artistique locale ne s’est pas accomplie à l’écart de la vitalité culturelle ancrée à travers le bassin méditerranéen : le rap d’IAM n’étant pas sans liens avec celui d’Alger ou d’Essaouira tout autant que les tarentelles italiennes ne restent pas sans influences sur la musique des sound system occitan.
 

11 – Michelle Auzanneau, Université René Descartes – Paris V
"Pratiques langagières et mises en scènes dans le rap"

La chanson rap et les pratiques linguistiques de ses auteurs sur les terrains Librevillois (Gabon), Dakarois (Sénégal), Saint-Louisien (Sénégal) et Parisien (France : Juvisy, 91) constituent l’objet de la communication envisagée. La chanson rap est un phénomène urbain qui révèle et  participe aux dynamiques sociolinguistiques de la société dans laquelle il s'inscrit. Le rap s’avère un espace social traversé par des influences culturelles et linguistiques diverses d'origine locale et internationale. Lieu de circulation et de création de cultures et identités, il est aussi un espace de gestation et de diffusion de modèles comportementaux exprimant les positionnements sociaux des jeunes. Ces positionnements sociaux peuvent varier du fait de l'insertion des jeunes citadins dans des réseaux sociaux divers, pluriculturels et plurilingues, donc de la pluralité de leurs identités. Cette variation s'exprime en partie au travers des productions langagières et des choix linguistiques dans et hors de la chanson. Elle relève des buts communicationnels des locuteurs et des données des situations, situations qui, dans la chanson s'inscrivent dans le jeu de mises en scènes énonciatives.

Concert Darga - Casa Crew - Zayan Freeman
Caza Crew   DJ Zayan Freeman

 
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