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Darija, vecteur d’une nouvelle identité Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Saïd Raïssi - Menara 18-04-2007   
 Alexandrine Barontini - INALCO lors du Colloque de sociolinguistique urbaine Lentement mais sûrement, la « darija », le dialecte marocain, encensée par quelques-uns, malmenée par d’autres, se fraye un chemin vers la reconnaissance. Pris en tenaille entre la « noble » langue classique arabe et la « distinguée » langue française, la « langue de la rue » a enclenché une véritable révolution du verbe.
Depuis toujours, « l’maghrebiya » diffuse, dans une quasi-clandestinité médiatique, sa complexe alchimie des mots. Riche et détonnant mélange baroque de plusieurs langues, le parler du quotidien marocain n’a pourtant jamais engrangé les dividendes d’une gloire restée souterraine.
Il a fallu pour cela que d’autres révolutions l’accompagnent, celle des nouvelles technologies de la communication mais aussi celle de la scène alternative urbaine marocaine en partie héritière des arts populaires marocains.

En effet, l’explosion des supports de la communication a ouvert un nouvel espace d’expression que s’est empressé d’investir la « darija ».

L’avènement du téléphone portable et ses SMS en livre les premières pulsations avec l’échange de texte en « darija » enveloppés dans des caractères latins pour palier l’absence (peu à peu comblée) de lettres arabes mais aussi pour satisfaire les francophones, une innovation aux ressources probablement encore insoupçonnées.

Bien plus qu’une réappropriation, la « darija » réinvente certains caractères en les détournant de leur sens. Le chiffre 3 par exemple remplace la lettre arabe « âyn » qui n’a pas son vis-à-vis alphabétique en français.

Internet relaie et amplifie cette évolution par le biais de logiciels, notamment « le messenger », qui permettent de communiquer instantanément sur le net. Une véritable communauté universelle de la « darija » se met progressivement en place avec ses propres règles et ses codes.

En marge de cette variation liée à la forme apparaît aussi une mutation liée au fond. La « darija » est probablement (et contrairement à ce qu’on peut penser) le langage qui répond le mieux à la crise d’identité induite par la mondialisation culturelle.

Outil malléable, libéré de toute contrainte grammaticale, la darija semble être la langue la plus apte à accompagner les profonds bouleversements de la société marocaine.

On retrouve d’ailleurs sa force et sa poésie dans les textes d’une nouvelle vague de jeunes artistes musiciens ou écrivains - trop souvent peu connus- en quête d’authenticité et qui trouve dans la « darija » un réservoir inépuisable d’inspiration. Il inscrivent ainsi leur répertoire dans la continuité du théâtre et de la chanson populaire qui n’ont jamais hésité à puiser dans ce dialecte

L’usage de la « darija » est en somme une manière de se réconcilier avec un pays dont les apparats, linguistiques entre autres, sont souvent en déconnection totale avec la réalité du Maroc. Comme le résume Domique Caubet qui étudie le phénomène du renouveau de la « darija », « Pourquoi s’interroger sur notre identité alors nous l’avons sur le bout de la langue ? »

 
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