Du 19 au 23 mai, dix groupes seront en compétition au cours de la finale de «Génération Mawazine» à Rabat.
Les vibrations des guitares électriques font trembler le jardin
«Nouzhat Hassan», au centre-ville de Rabat. Ce vendredi après-midi, de
jeunes musiciens et danseurs montent le son pour annoncer l’ouverture
de la demi-finale « Génération Mawazine ». Ils sont au total trente
groupes à avoir réussi le passage de la présélection du 2 mai. Au
lancement de ce concours ouvert aux groupes de jeunes de 3 à 10
membres, la liste des inscriptions contenait pas moins de 145
participants.
A présent, et durant trois jours successifs (11, 12 et 13 mai), il
faudra défendre sa passion jusqu’au bout pour accéder à la finale
prévue du 19 au 23 courant où il n’aura que 10 groupes sur les 30. Pas
question, donc, de laisser tomber la compétition ! Les dix premiers
groupes qui devront produire devant le jury, ce vendredi, sont bien en
avance par rapport au rendez-vous avec le jury : 17h. Normal, il faut
se préparer, s’accorder et tester, par la même occasion, la température
du public. Derrière les barrières bien alignées devant la grande scène
garnie de projecteurs, installée au fond du jardin, les « supporters »
se faisaient de plus en plus nombreux au fur et à mesure que la fin de
l’après-midi s’approchait. Entre temps, les jeunes talents «
s’échauffaient » dans une tente placée derrière la scène qui leur
servait de coulisses. Tour à tour, les groupes se succèdent sur la
scène pour faire exploser les amplificateurs de son et la joie du
public, composé massivement de jeunes et d’adolescent. C’est qu’avec
des ambiances de rock, de rap, de hip-hop, de break dance et autres
variétés très « branchées », ce sont les jeunes qui s’y retrouvent le
plus. Alors on danse, on crie, on acclame les groupes et on les
ovationne.
Le courant public-musiciens passe sans aucun problème. Et
cela offre les meilleures conditions à la compétition, dont l’ensemble
du matériel avait été mis en place dans ce jardin le week-end d’avant,
comme le confirme Tarik Alalou, représentant de l’agence « Hors
limites» : «Le montage de la scène ainsi que l’installation technique
ont été effectués samedi dernier (5 mai). Pour cette année, nous
devions opter pour un nouveau concept pour les spectacles de la soirée».
Face
à la grande scène, une longue table destinée au jury. Ce dernier est
composé du musicologue Ahmed Aydoun, président, des chorégraphes Nadia
Bouamoud et Kaïss Zinoun et de l’animateur Hit radio Mohamed Bousfiha
qui se fait appeler «Momo». A chacun de ces membres, on a remis un
dossier contenant les fiches d’évaluation pour chaque groupe. Le barème
d’appréciation se focalise sur la dynamique du groupe, la qualité
artistique et technique, l’adéquation danse/musique et la présence sur
scène. A chaque genre musical correspond un barème spécifique. «Moi, ce
qui m’importe le plus, c’est la présence sur scène. On doit se
manifester quand on est sur scène !», s’exclame la chorégraphe et
danseuse Nadia Bouamoud. Pour cette artiste, tous ces jeunes de
«Génération Mawazine» devraient être plus souvent motivés : «Ils ont du
talent et doivent être pris en charge. Or, il y a très peu d’espaces
culturels où ils pourraient au moins effectuer leurs répétitions.
L’Etat devrait y réfléchir».
Du talent, ils en ont, effectivement,
à revendre. Le groupe «Black Storm» qui vient de Bab Chaâfa, l’un des
quartiers populaires de Salé, est l’un des demi-finalistes, ce soir.
«Nous ne cherchons, à travers Mawazine, que l’occasion de nous
exprimer, de passer notre message de paix au public. Cela nous donne
confiance en nous et de la satisfaction», confie Adil, le chanteur aux
lunettes noires. A côté de lui, les musiciens : Adil, Aziz, Badr et
Younès qui a eu l’idée de confectionner au groupe des tee-shirts noirs
représentant les cordes d’une guitare sur lesquelles est inscrit le nom
du groupe. Cette 2ème édition «Génération Mawazine» ouvre aussi une
grande porte aux filles. «Elles étaient absentes, l’année dernière. Or,
ce sont elles qu’on retrouve le plus souvent dans le break dance. Je
leur ai proposé donc de les intégrer en ajoutant la danse», déclare
Ahmed Ghayet, président du réseau Maillage et membre de l’Association
Maroc-Cultures organisatrice de l’événement.
«Ces jeunes pleins de
potentialités sont des promesses d’avenir pour notre pays. Génération
Mawazine veut leur offrir une scène pour s’exprimer, pour ne pas se
sentir marginalisés. C’est pour cela que nous avons convié le rappeur
Abdel Malik. Il est un exemple pour tous ces jeunes», souligne le
directeur du festival « Mawazine », Abdeljalil Lahjomri, présent au
lancement de cette demi-finale.
Nos jeunes passionnées ont, désormais, des parrains. « Génération Mawazine » en apporte la preuve.
Les 10 finalistes de «Génération Mawazine»
- The Stunt Boys (Rabat) = Danse
- Amer (Rabat) = African
- Majicjack (Rabat) = Rock
- Whoknows (Rabat) = Rock
- Day ma Style (Casablanca) = Hip hop
- May Ara-Fusion (Casablanca) = Rap
- Hakmin (Meknès) = Rap
- The Stolen Souls (Kénitra) = Rock
- Bennane de Dance (Casablanca) = Danse populaire
-Sawt (Meknès) = Rap
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