Souvenons-nous de Friendster.
Il y a cinq ans, nous passions beaucoup de temps sur Friendster. Grâce
à nos amis et à nos amis d’amis, nous totalisions une demi-douzaine de
meilleurs copains. Qui se souvient de Friendster? Myspace et Facebook
ont tué Friendster comme les soirées du Macumba ont enterré celles du
Moonlight.
Qu’est-ce qui fait qu’on quitte l’un pour l’autre? Les nouvelles
applications, diront certains. Friendster n’a pas su s’adapter et
proposer les applications de Facebook: pas de moutons à s’envoyer à la
figure, de morsures de vampires, d'amis à pincer.
Mais le blogueur Cory Doctorow avance une autre explication.
Selon lui, les sites de réseaux sociaux portent en eux les causes de
leur déclin. Sa théorie: plus il y a de monde sur Facebook, plus vous
risquez de croiser des gens que vous préférerez éviter (votre employeur
si vous avez plus de 25 ans, vos parents si vous en avez moins de 25).
Comment faire si l'un d'eux vous demande d'être votre ami? Ignorer
son invitation vous mettra mal à l'aise. Retirer quelqu'un de vos amis
Facebook est trop hostile. Une seule solution: prendre la fuite.
Un site de réseau social, c’est comme votre boîte de nuit ou votre
restaurant préféré, si vous y croisez vos collègues ou vos parents,
vous vous y sentez un peu moins libre et vous voilà prêts à prendre vos
habitudes ailleurs. Est-ce que vous avez vraiment envie de vous
superpoker mutuellement devant les recruteurs de L'Oréal débarqués sur Facebook?
"Les parias sociaux vont signer la fin de Facebook", résume Epicenter
en reprenant l'analyse de Cory Doctorow à propos de ces gens que vous
n’avez pas vraiment envie de voir et sur qui vous tombez trop souvent
quand vous vous loguez sur Facebook. Tous ceux qui postent des vidéos
moyennement drôles sur votre Fun Wall, c’est un peu comme ceux qui
occuperaient la piste pour y danser la "Danse des canards". Ça les fait
rire eux mais ils font partir tout le monde.
Aux Etats-Unis déjà, le trafic et le temps passé ont légèrement baissé entre décembre 2007 et janvier 2008.
La seule différence, c’est qu’il est bien plus difficile de quitter
Facebook que de récupérer son manteau au vestiaire de la discothèque de
Palavas. Car même si vous fermez votre compte Facebook, le site ne
détruit pas automatiquement les informations que contenait votre
profil. Comme l’explique un ancien membre au New York Times,
"c’est comme Hotel California, you can check out anytime but you can
never leave", (vous pouvez rendre les clés n’importe quand mais vous ne
pouvez pas partir) reprenant les paroles du succès des Eagles. Mais, attendez, Hotel California, c’est pas le dernier tube qu’on passe avant la fermeture?