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Ecrit par Ahmed BZIOUI - Des gymnastes militants   
Index de l'article
Des gymnastes militants (Ahmed BZIOUI)
PREFACE
INTRODUCTION
L'AVENEMENT D'UN SPORT AU MAROC
GENESE DE L'UNION
LA DECENNIE DE L'AFFERMISSEMENTS
LES ANNEES FASTES
DES GYMNASTES PELERINS
LE RAYONNEMENT
LA RENAISSANCE
LES MAITRES
CONCLUSION
L'AVENEMENT D'UN SPORT AU MAROC
Pour mieux cerner l'histoire de la section gymnastique du FUS, il es intéressant de connaître l'environnement dans lequel s'est effectué le  rassemblement des hommes et des idées ayant donné naissance à la première section de gymnastique "authentiquement marocaine": l'Union Sportive de Rabat-Salé, devenue quatre ans plus tard "Fath Union Sport".
De même qu'il est intéressant d'avoir un aperçu sur l'évolution de la gymnastique au Maroc depuis l'apparition des premières "sociétés" de gymnastiques françaises, jusqu'à la prise en main de la destinée de cette activité par des marocains, au lendemain de l'indépendance.
 
L’avant-garde à Strasbourg en 1925  

1 - LES PIONNIERS DE LA GYMNASTIQUE
La gymnastique a été introduite au Maroc, dès le début du protectorat, par l'armée française et avait pour objectif principal la formation physique des militaires.
C'était en effet un bon moyen pédagogique pour rassembler des hommes et "forger" leur corps. Comme dans beaucoup de pays, l'armée française utilisait cette conception de la gymnastique comme support à sa propagande en organisant des manifestations qui réunissaient des milliers d'exécutants, où le but principal était aussi sans aucun doute, de montrer la cohésion des troupes d'occupation.
De ce fait, la gymnastique n'était pas codifiée et comprenait toutes sortes d'activités ayant trait à la préparation physique générale telles que le saut en hauteur, le lancer de poids, le grimper à la corde, le tir, le saut à la perche, les exercices de portique et les exercices aux agrès.
La gymnastique, sous sa forme moderne, n'est apparue au Maroc qu'avec la création de quelques associations sportives françaises, appelées "sociétés", qui étaient pour la plupart, des clubs omnisports. Ces associations, groupées sous l'égide des Ligues Régionales du Maroc relevaient des Fédérations sportives Françaises. Ainsi étaient-elles affiliées (jusqu'à l'indépendance) à la Ligue du Maroc (créée en 1913), sous l'égide de L'Union des sociétés de gymnastique de France, devenue en 1942 la Fédération Française de Gymnastique.
Même s'il n'existait pas à l'époque d'associations exclusivement marocaines, des nationaux ont adhéré très tôt à cette nouvelle forme d'activité physique.
Dans un pays où le mouvement acrobatique est bien enraciné grâce surtout à la gymnastique ancestrale des "Ouled Hmad Ou Moussa", (combattants acrobates adeptes du grand soufi de la région de Souss né en 1450), il était normal que l'attrait pour cette nouvelle activité ait été grand chez beaucoup de marocains, pour lesquels la gymnastique sportive représentait un moyen parmi d'autres pour s'affirmer.
"L'Avant Garde" de Rabat, l'une des premières associations apparues au Maroc (1913), a été la première à ouvrir ses portes aux marocains. Elle a été suivie plus tard par d'autres clubs français tels que "La Lorraine", l'Union Sportive des Cheminots d'Oujda et l'Etoile Fassi.

2  - DES GYMNASTES EXCEPTIONNELS
Bien que nouvellement introduite au Maroc, la gymnastique a donné, pendant la période du protectorat, des gymnastes marocains et français de haut niveau. En effet ces gymnastes ont représenté honorablement la gymnastique marocaine aux différentes manifestations officielles, aussi bien au Maroc qu'à l'étranger (championnats de France, Fêtes Fédérales, championnat d'Afrique du Nord...)
 Mais c'était  surtout au sein de "l'Avant Garde" que des marocains (Allal Amrane, Thami Benkaddour dit "Ould Khbizia",  Meskini,  Abbas Jnieh, Mohamed Cherkaoui et Taïbi Piro) se sont distingués en se hissant au niveau des meilleurs gymnastes français de cette époque. Taïbi Piro, plus connu sous le nom de "Kalino", a dominé   pendant  longtemps (1923 à 1929) l'activité gymnique au Maroc. Il s'est distingué également à l'étranger en remportant plusieurs concours, en individuel et par équipe (l'Avant Garde). Il faisait aussi partie de l'équipe de la Ligue Régionale lors de compétitions en France et en Afrique du Nord (Clermont-Ferrand, Lyon, Angers, Rouen en 1923, Strasbourg à l'occasion de la 47e Fête Fédérale de 1925 et Alger en 1929).
Plus tard d'autres marocains, Mohamed Cherkaoui et Ahmed Fellat, prouveront que des "autochtones" pouvaient rivaliser avec leurs homologues étrangers. L'exemple du gymnaste Ahmed Fellat qui a été en 1954 le seul gymnaste marocain sélectionné en équipe nationale, est assez édifiant, dans la mesure où tous ses autres équipiers étaient français.
Quant aux étrangers du Maroc, ce sont de l'avis général, Fernandez François de l'Etoile Fassi, Pastor Gilbert, et André Weingand de la Lorraine qui ont le plus marqué la gymnastique au Maroc.
C'est sans conteste, André Weingand, cet ancien gymnaste de Toulon qui a été le meilleur athlète que le Maroc ait connu. Ceux qui l'ont côtoyé, se souviennent encore avec nostalgie des prestations de ce grand et élégant gymnaste, sociétaire de La Casablancaise puis de La Lorraine (1947, 1949 et 1952), qui a été 21 fois champion de France.

3 – LES FETES FEDERALES OU LA FETE DE LA GYMNASTIQUE
La gymnastique, sport de base par excellence, est le moyen idéal pour la préparation physique générale. C'est pourquoi elle a de tout temps, servi à la préparation des troupes armées et à leur galvanisation.
C'est également une activité qui développe discipline ordre et courage. C'est aussi, il faut en convenir, le sport de parade par excellence. Aussi pour les gymnastes et surtout pour les spectateurs, les grandes manifestations gymniques étaient-elles de véritables fêtes sportives. C'est à juste titre, que les manifestations annuelles officielles, organisées par la Ligue Régionale, étaient appelées "Fêtes Fédérales".
C'étaient, à l'époque, des manifestations d'envergure qui ralliaient des centaines de gymnastes représentant toutes les régions du Maroc. A l'occasion de la 2° Fête Fédérale du Maroc qui s'est déroulée à Rabat   le 2, 3 et 4 Juillet 1938, plus de 500 gymnastes accompagnés de leurs fanfares et munis de leurs drapeaux ont concouru dans des disciplines aussi variées que l'acrobatie au sol, l'haltérophilie, le ballet ou le plongeon.


Associations ayant participé à la 2° Fête Fédérale de 1938:
1. L'Avant-Garde de Rabat
2. La "Casablancaise" de Casablanca
3. La "Française" de Tanger
4. L'U.S. Cheminots d'Oujda
5. L'Etoile Fassie de Fès
6. La "Franco-Marocaine", d'Oujda
7. La "Port-Lyautéenne" de Kénitra
8. L'Association Sportive de Kasba-Tadla
9. Club Olympique Français d'Oujda.
10. Section féminine du Collège des Orangers

L'Echo du Maroc 26 juin 1938


4 – LA FETE FEDERALE DE CASABLANCA EN 1949


Face à l'engouement des marocains pour la gymnastique, les responsables de la Fédération Française n'ont pas hésité à tenir un grand pari en organisant, pour la première fois au Maroc, la 61° Fête Fédérale de France. Cette manifestation qui rappelait par son aspect "les gymnasiades" et les "sokols" du 19° siècle, s'est déroulée en 1949 à Casablanca. C'était l'une des rares Fêtes Fédérales Françaises à avoir eu lieu en dehors du sol français, puisque deux pays étrangers seulement ont eu le privilège d'accueillir cette importante réunion gymnique populaire.
Malgré l'éloignement, près de 140 sociétés pour la plupart françaises, ainsi que des associations venues de Suisse, du Portugal, de la Belgique, de la Tunisie, d'Algérie et du Maroc, ont prit part à la plus grande réunion de gymnastes, jamais organisée sur le sol africain.
Ce grand rassemblement présidé par Feu Sa Majesté Mohamed V, s'est déroulé au stade Bourgogne, construit en un temps record (18 jours) pour la circonstance.
La présence royale à la manifestation, a été considérée à elle seule, comme un événement important qui a été rapporté par les médias au Maroc et en France.
Pour la Fédération et la Ligue du Maroc, rassembler pour la première fois plus de 3000 gymnastes en terre africaine était un véritable exploit. Les mouvements d'ensemble et les démonstrations présentés au public constituaient des prouesses que les organisateurs étaient loin d'espérer.
Ainsi, une pyramide humaine haute de 12 mètres a été présentée par la garde républicaine à un public étonné et ravi. En outre, une tour métallique de 35m, servant de support aux couleurs des associations participantes, a été érigée au stade Bourgogne.
Au delà   du   succès populaire de cette manifestation et de son importance sur le plan historique, cette 61° Fête Fédérale a aussi été le théâtre de certains événements qui ont marqué l'histoire de la gymnastique et celle du sport national en général. Signalons à cet effet, l'action téméraire (incident fâcheux pour certains), des gymnastes algériens qui, refusant de défiler derrière le drapeau français, ont  préféré marcher derrière le drapeau marocain, porté pour la circonstance par le capitaine du FUS Mohamed Alami.
D'après les participants à la 61° F.F, Mohamed Alami, chargé de hisser les couleurs du FUS en haut de la tour métallique haute de 35 m, a défié tous les participants en l'escaladant jusqu'au sommet, faisant flotter l'étendard de son association plus haut que tous les autres créant par la même occasion un autre "incident fâcheux".
Cette Fête Fédérale a été également pour les jeunes sportifs d'Afrique du Nord, le moment opportun et unique pour débattre de leur avenir sportif et de l'avenir politique de leurs pays respectifs. C'est ainsi que les gymnastes Marocains, Algériens et Tunisiens ont créé une association éphémère, "Le Front de la Jeunesse Maghrébine" qui, hélas, n'a duré que trois jours, c’est à dire la durée de cette fête sportive.
La participation du FUS à cette manifestation doit aussi être considérée comme un événement important de l'histoire de la gymnastique marocaine puisque c'était la seule association authentiquement nationale parmi une dizaine de clubs du Maroc présents à Casablanca.
Par leur participation, les gymnastes du FUS ont prouvé que les sportifs marocains à cette époque, étaient en mesure d'égaler leurs homologues étrangers aussi bien dans le domaine de l'organisation associative que dans celui de la pratique d'une nouvelle discipline sportive, de surcroît très technique.
C'est cette présence et cette détermination des sportifs marocains que le lecteur découvrira dans les pages suivantes à travers l'histoire de la section gymnastique du FUS, histoire qui reflète le combat mené par certains dirigeants, pour la pérennité de leur association et celle de l'activité sportive en général.

Témoignage :
(J. A. Latte FFG)"...Recevant une délégation de la Fédération Française le Mercredi 13 Avril 1949, le Président de la Ligue du Maroc Maître Pacot (hospitalisé après un grave accident), dit à propos de la 61° Fête Fédérale de Casablanca: « Cette fête sera un succès. La présence du Sultan est un fait sans précédent », buvons à cette prophétie..."

(Le Gymnaste Mai 1949)

 







 
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