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La commune urbaine de Salé Lamrissa vient de concéder la collecte des déchets ménagers à une société privée. Ce faisant, elle emboîte le pas aux quatre communes urbaines de la capitale. Après des années de gestion communale, les responsables de la municipalité de Sala Lamrissa veulent essayer la gestion déléguée. Ils espèrent ainsi rendre leur commune plus propre, une commune où il fait bon vivre.
La collecte des déchets solides représente, de par son coût un véritable casse tête pour les communes et la gestion communale n’a pas toujours donné de bons résultats. Il n’est que de voir l’état de certains quartiers enlaidis par les amas d'ordures amoncelés ça et là pour s’en persuader. Autant dire que la méthode des municipalités a montré ses limites.
Pour porter remède à cette situation, la gestion déléguée des déchets solides se présente comme une alternative. Et de plus en plus de communes optent pour ce mode de gestion. A Rabat, les quatre communes ont choisi de concéder le secteur de l'assainissement solide à des sociétés privées. A Salé, la commune de Sala Lamrissa vient de faire de même. Mais, la concession de la collecte des ordures ménagères à une société privée dans cette commune est singulière à double titre. D’abord, parce que c’est la première fois qu'une société marocaine décroche un marché pareil au niveau de la Wilaya de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër. Dans toutes les autres communes, les sociétés délégataires sont étrangères.
Trois françaises : Nicollin Maroc Environnement à Yacoub Al Mansour, Onyx à Rabat-Hassan et Segedema à Agdal Ryad. Et une Espagnole dans la commune de Rabat Youssoufia, il s’agit en l’occurrence de Tec Med. Ensuite parce que la commune de Salé Lamrissa est la première commune dans la ville de Salé a avoir opté pour la gestion déléguée. Les autres communes de la villes (Tabriquet, Laayayda, Hssaine..) continuent de collecter les ordures ménagères par leurs propres moyens.
Il serait utile de rappeler à ce propos que la commune de Sala Lamrissa avait lancé il y a plus d’une année un appel d’offres pour la cession de ce secteur à un opérateur privé et qu'aucune société n’avait alors manifesté son intérêt. Les milieux proches du dossier disaient qu’à l’époque le cahier des charges n’a pas été bien ficelé. C’est la raison pour laquelle aucune société ne s’est présentée car elle a jugé certainement que la quantité de déchets à collecter est trop importante par rapport à la rétribution offerte par la municipalité.
La nouvelle société délégataire a six ans pour montrer aux habitants de Sala Lamrissa que la propreté est un droit légitime auquel ils peuvent accéder.
Mais sa mission ne sera pas facile compte tenu de la quantité de déchets ménagers qu'elle devrait collecter quotidiennement et qui est estimée à 75 000 tonnes . De plus, elle a une obligation morale de réussir. Car si elle n'arrive pas à donner pleine satisfaction, il ne s'agira pas dans ce cas de la défaillance de la gestion déléguée , mais de celle de la gestion déléguée d'une société marocaine.
Reste le coût de ce service assuré par l’opérateur privé et qui est jugé par certains trop élevé. Ceux qui sont pour, répondent que la qualité a un coût et qu’il est de loin préférable de se payer les services d’une société privée que d’être confronté quotidiennement aux chinoiseries de la bureaucratie administrative. Le secteur de la propreté est un travail de tous les jours. Qu’une panne d’un camion de collecte, fut-ce d’une journée, vienne à se produire et voilà tout un quartier qui se trouve enseveli d’ordures.
De plus, ce qui est intéressant dans ce mode de gestion, c’est que la société délégataire se doit de respecter un cahier des charges établi à l’avance et qu’elle a une obligation de résultat.
Des réunions étant tenues périodiquement avec un comité de suivi de la commune.
Collecter les déchets ménagers c’est bien, mais les collecter puis les traiter c’est mieux.
Jusqu’à présent, dans tout le périmètre de Rabat-Salé, il n'y a que des sociétés qui se chargent de la collecte des ordures, mais pas de sociétés qui se chargent du traitement.
Ce traitement, rappelons-le, permet de préserver l’environnement, et même de valoriser les ordures qui pourraient par des procédures chimiques et physiques pas très complexes être recyclées et éventuellement transformées en amendement organique très bénéfique pour les terres agricoles.
Il est grand temps de ne plus considérer le problème des déchets solides comme une dépense qui obère le budget de la commune, mais comme une source de revenu. Si les communes arrivent à adopter cette logique, on pourrait parler dans ce cas non pas de gestion mais de rentabilisation des déchets ménagers.
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