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La « république du Bou-Reg-Reg » Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Selwane.com   

Au Maroc, des cités maritimes vont se développer après le déclin de l’empire Saâdien (début du XVIIème siècle). Entre 1611 et 1614, la Maâmora (actuelle Mahdia) se lancera dans les activités guerrières en mer sous l’impulsion d’un capitaine anglais (H. Mainwaring), soutenu par d’autres Britanniques (Peter Boston, Wiliam Bong et John Fearn). Le témoignage qui suit nous éclaire sur son importance : « un groupe de marins anglais a relaté qu’il y a 40 bateaux à voiles en 1.000 hommes tous de l’Angleterre. Leur lieu commun est la Maâmora  au Nord-Ouest de l’Afrique dans laquelle existent des commerçants de tous genres … »*. Après la conquête espagnole de Larache (1610) et de la Maâmora (1614), certains renégats européens vont se réfugier dans les ports d’Alger et de Rabat-Salé. Ils seront bien accueillis et enrôlés sur place par les Hornachéros de l’actuelle Casbah des Oudaya.

Rabat et Salé vont tenir tête aux Espagnols grâce à leurs situations et site. Elles sont établies sur les rives de l’embouchure de l’oued Bou-Reg-Reg. Le site est imprenable. Il est protégé par une falaise au niveau de la Casbah des Oudaya et une barre pratiquement infranchissable. En période de basse mer, il devient quasiment inutilisable (ensablement de l’estuaire). L’origine du site est ancienne. Déjà, les Phéniciens et les Carthaginois sont passés par là, les galères romaines aussi (époque de la Mauritanie Tingitane). Au Xème siècle, les Berbères Zénètes vont fonder la ville de Salé. En 1163, le sultan almohade Abd Almoumen construit un ribat sur l’actuel Casbah des Oudaya. Il constitue un lieu de regroupement des Moujahidine(s) à destination de la péninsule ibérique en vue de combattre les Espagnols. Ensuite, son petit-fils Abou Yakoub Al Mansour va fonder la ville de Ribat Al Fath, l’actuelle Rabat fin du XIIIème siècle. Ce sultan veut en faire une ville aussi puissante que Marrakech. Il entreprit la construction de la mosquée de l’actuelle Tour Hassan et une « muraille de plus de cinq kilomètres, percée de cinq portes et délimitant … un espace de 450 hectares où devait naître l’une des plus grandes villes du monde musulman : Ribat El Fath*. Aussi, le port connaît-il des activités commerciales dynamiques avec les villes andalouses et italiennes (Gênes, Venise).

Une mort subite (1199) empêche ce souverain d’achever son grand projet. Après son décès, la ville plongera dans l’oubli. Salé va la supplanter durant le règne des Mérinides (XIIIème – XIVème siècles). Le poids de la ville réside dans son rôle économique, intellectuel et culturel. A son sujet, Léon l’Africain dira : Celui « qui serait le maître (de Salé) pourrait s’emparer facilement de tout le Royaume de Fès »*. Elle tire son dynamisme des activités agricoles (fruits, légumes, céréales, élevage), et artisanales (travail du cuir et de la laine) grâce à son ouverture sur son arrière-pays et sur le monde extérieur. Son port demeure actif grâce aux échanges avec les pays d’Europe. Cette prospérité n’est pas conséquences.

En 1260, le chef de la ville (Yakoub Ibn Abdellah) demande la fourniture d’armes aux Espagnols pour se rebeller contre le sultan. C’est alors qu’une flotte espagnole pénètre au port de Salé*. Par manque de vigilance des habitants, le jour de la fête de l’Aïd Sghir, les Espagnols s’emparent de la ville et mettent à sac. Après deux semaines de combat, les Marocains réussissent à se ressaisir et à massacrer bon nombre d’assaillants et à chasser le reste. Cette incursion persuade les sultans mérinides de la nécessité de créer un arsenal maritime, de renforcer les murailles et de réaliser Bab Mrissa (petit port) pour la sauvegarde de la ville et de la flote. Parallèlement à cela, les Salouis vont commencer à faire des descentes en mer, à l’aide d’une petite flotte de guerre, pour pourchasser les Espagnols.

Rabat se réveille à partir de 1614 durant la période de débarquement des Morisques. Ces derniers trouvent un Maroc perturbé et instable. Le choix de Rabat est judicieux pour ceux qui y débarquent. L’espace est vacant, le site est défensif et relativement éloigné des lieux des troubles que représentent les villes impériales (Fès et Marrakech), Rabat se trouve comme Salé, non loin du détroit de Gibraltar et à proximité des routes du commerce triangulaire. Les Morisques et tous ceux qui se joindront à eux vont se servir de ce site et de sa situation géographique exceptionnelle pour créer la « République » du Bou-Reg-Reg ». Ce type de cité-état va contribuer au déclin de l’empire portugais, perturber la circulation maritime de la flotte espagnole et surtout accaparer une partie des richesses perdues après la reconquista.

Ces bases du Jihad en mer, pour réaliser leurs objectifs, introduisent de nouvelles armes (arquebuses), facilitent la construction, l’armement et l’approvisionnement de navires, la constitution des équipages et l’écoulement du butin et des prisonniers. Ces acquis vont renforcer l’importance des installations portuaires, permettant l’exercice des activités militaires et économiques dans de bonnes conditions. Ce qui se passe en mer, les R’batis (Morisques) gardaient un minimum de contact avec les détenteurs du pouvoir politique et la société civile pour garantir leur sécurité.

Source : Le Jihad Maritine dans l'Histoire Arabo-Islamique 

 
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