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La procession des cierges [ Dour Chmaâ ] Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Cité Millénaire   

Procession des cierges 11-05-2003

C'est un fait avéré que la célébration de l'Aïd al-Mawlid commença au Maroc au milieu du XIIIe siècle / VIIe s.H., à l'initiatives des émirs et érudits de Sebta : les al-Azfi avec la bénédiction de La dynastie mérinide, et ce lorsqu'il fut constaté qu'en Andalousie les musulmans avaient commencé à avoir de l'engouement pour la célébration de la nativité du Christ et du début de l'année chrétienne.
Cette coutume allait se propager au Maroc par le canal de Sebta, c'est pourquoi les Azfiyine appelèrent à célébrer l'anniversaire de la naissance de Prophète ( que la paix et la bénédiction soient sur lui ) pour détourner le peuple de la célébration des festivités chrétiennes.
Les grands cierges multicolores ne commencèrent à faire leur apparition lors des festivités de l'Aïd al-Mawlid au Maroc qu'à la fin XVIe siècle / début du XIe s. H. à l'initiative su sultan Ahmed al-Mansour Addahbi, imitant en cela une tradition des Turcs ottomans.
Ce sultan fut, en effet, fort impressionné à Istanbul ( au temps où il s'y était réfugié avec son frère Abdelmalek ) par la magnificence des palais des califes ottomans ainsi que par le faste des processions des cierges à l'occasion de leur célébration de l'Aïd al-Mawlid. Lorsqu'il eut achevé la construction du palais al-Badie de Marrakech 1593 / 1002 h., le sultan Ahmed al-Manssour célébra avec grand apparat l'Aîd al-Mawlid, à l'instar des festivités organisées par les Ottomans. Cette tradition s'est perpétuée ensuite au Maroc. Les représentants des corporations et les captifs chrétiens portaient, le 11 rabia 1er, les grands cierges bigarrés dans de longues processions à travers les principales artère de la ville.

La procession avançait au rythme de la musique et des sons de tambours jusqu'au palais al-Badie où les cierges étaient posés sur des support traditionnels en cuivre finement ouvragés. Les festivités populaires se poursuivaient jusqu'à l'approche du petit matin. C'est alors que l'on allumait les cierges et que le sultan Ahmed al-Mansour sortait pour la cérémonie officielle marquée par la narration du récit de la naissance du Prophète, tirée du livre ibn Abbad.

Les panégyriques du Prophète emplissaient alors l'enceinte du palais et les poètes déclamaient devant le sultan leurs kassidate composées pour la circonstance. Selon l'historien slaoui ibn Doukkali, la procession des cierges à Salé avait commencé du vivant de Ahmed al-Mansour Addahbi, car il avait ordonné à ses gouverneurs dans les différentes villes de célébrer l'Aïd al-Mawlid, selon le cérémonial suivi à Marrakech. Le Cheikh Abdallah ben Hasoun, quasi contemporain, soufi doté d'une vision esthétique, appréciait au plus haut point les manifestations expressives illustrant l'amour voué Prophète,que la paix et la prière soient sur lui, dont la procession des cierges. Il fit beaucoup pour que cette cérémonie se perpétuât à Salé.
A l'instar des festivités organisées à Marrakech, à Istanbul et à la Sainte ville de la Mecque, la célébration de L'Aîd al-Mawlid à se poursuivait durant tout le mois de rabia 1er. Durant les dix premiers jours de ce mois, on donnait lecture, entre les deux prières du soir, des oeuvres traitant de la vie du Prophète dans les zaouïas et les mosquées, chaque séance se terminant par la récitation d'une partie des poèmes panégyriques " al-Bourda" et " al-Hamziya" d'al-Boussairi. Ensuite, on écoutait des mouachahates andalouses et des poèmes en arabe dialectal, oeuvres des soufis marocains. Dans la journée du 11 rabia 1er commençaient alors les grandes festivités, après la prière d'al-Asr, par la procession des cierges à travers les grandes places de la ville, les cierges étant portés par les barcassiers vêtus de leur costume traditionnel dit "al-Mahsour", confectionné dans un drap " melf " bordé de soie aux couleurs chatoyantes. La procession se déplaçait dans un concert où se mêlaient chants folkloriques et incantations religieuses, précédés des maître Hassouniyine, les mourides du Cheikh et leur Mokkadem. La procession s'arrêtait à Souk al-Kabir devant le mausolée de Sidi Ahmed Hajji, pour enfin s'ébranler de nouveau en direction de Talaa.
Salé est l'unique cité à avoir gardé vivace cette coutume où les petites filles de la ville " posaient " dans leurs plus beaux atours.
Ensuite la procession s'ébranlait de nouveau pour se diriger vers le mausolée Sidi Abdallah ben Hssein où elle s'arrêtait, en signe de déférence et de recueillement, avant que les cierges ne soient allumés au coucher du soleil. Les festivités se poursuivaient alors toute la nuit dans les différents mausolées et zaouïa par la récitation de panégyriques et de louanges au Prophète. Des mets variés étaient également servis, puis les cérémonies s'achevaient tard dans la nuit précédant l'Aïd al-Mawlid. Les initiés se retrouvaient pour réciter la Borda et al-Hamziya dans un climat de grande ferveur en présence d'une nombreuse assistance.
Les Salétins célèbrent avec autant de faste l'Aïd al-Adha, l'Aïd al-Fitr et l'Aïd al-Mawlid. Ils se parent de leurs millieurs habits, préparent les plus délicieux mets et autres sucreries et se rendent mutuellement visite.

Les milieux les plus aisés ont à coeur de célébrer cette fête en organisant dans leurs foyers des veillées marquées par la narration du récit de la naissance du Prophète Mohammed, et la récitation de louanges, sur des tons qui en exhalent toute la spiritualité. La soirée donne lieu également à un grand festin offert en l'honneur de l'assistance. Les festivités populaires reprennent les sixième et septième jours suivant l'Aïd al-Mawlid et durant la nuit du 17 au 18 rabia 1er, selon un cérémonial convenu, dans l'enceinte de certains mausolées et zaouïa. Les cierges sont alors accrochés dans les mausolées de Sidi Ahmed ben Achir et Sidi Ahmed Hajji entre autres.
Si l'aïd al-Mawlid est généralement célébré dans toutes les régions du Maroc, avec de légère différences selon les coutumes de telle ou telle ville, la tradition de la procession des cierges avec tout le cérémonial qu'elle comporte, demeure l'apanage de la seul ville de Salé. La raison en est d'abord les multiples biens habous dont les revenus ont été dédiés par certains mécènes à la confection des cierges et à l'offrande de repas aux pauvres, la nuit de l'Aïd al-Mawlid.
L'on précise enfin que la confection et l'ornementation de cierges reviennent de génération en génération, aux al-Chakroune de Salé qui se dévouent corps et âme à cette tâche, par-delà les récompenses matérielles ou gestes de mécénat.

 
 
 
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