Zoom sur le festival d’Essaouira
Ecrit par Mehdi Guessous pour Selwane.com   

Déjà la 10ème édition d’un festival qui malgré ses médiocres débuts, trouve de nos jours un succès sans précédent. Après une période hippie, Essaouira a connu une période de vide de sept ans avant de commencer réellement de renaître en 98.
Et pour  promouvoir le phénomène du festival, les organisateurs se sont basés sur le postulat suivant : la ville ne doit compter que sur elle-même et ce qu’elle maîtrise. Cela veut dire tenir compte, de son histoire, de la spécificité du lieu, de son patrimoine …

Grâce au festival, on peut dire qu’Essaouira est devenue la capitale culturelle du genre Gnaouas. La « fusion », cette exercice consistant a mêler  un genre musical quelconque à celui du Gnaouas, a permis d’apporter un sang neuf à cette culture et de préserver, voir accroître l’intérêt du public pour le phénomène culturel d’Essaouira. Mais cet intérêt tient-il vraiment uniquement à la musique ? En effet, le festival est l’occasion d’un melting-pot pas possible : que se soit par la classe sociale, l’âge, ou la provenance des visiteurs (toute les villes du Maroc et même des nationalités différentes). Tout ce monde, rassemblé autour d’une musique qui défoule, cela ne fait-il pas jaillir un sentiment unique de liberté ?

Evidement  depuis que le succès du festival s’est confirmé, Essaouira est devenue une véritable machine économique, les commerçants souiris réalisent en une semaine, le chiffre d’affaire d’une année entière. De nombreux hôtels sont actuellement en construction, et l’on peut s’amuser à compter les grues en se promenant sur la plage.

Les partenaires commerciaux affluent … On peut craindre alors qu’Essaouira devient une simple affaire de sous et perde son âme

On peut regretter que malgré tout le battage publicitaire autour de cette 10ème édition, rien de particulier n’a été fait pour marquer une différence. En somme, on nous annonce que la 10ème édition a quelque chose d’exceptionnel, mais on ne voit pas trop bien pourquoi.

Aussi, les journalistes, ont été quelques peut déçu par les nombreuses mise en garde concernant les droit d’auteur : certains artistes ne doivent pas être filmé plus de trois minutes. On devine que les chaînes télé ont payé pour avoir l’exclusivité.

D’un côté un grand nombre de journalistes sont présent pour promouvoir cet événement et de l’autre on nous empêche de filmer et diffuser ce qui intéresse les gens.

Cela est déplorable, même Jean Michel Jarre, artiste qui détient les records du monde pour le nombre de spectateurs, n’a pas imposé de telles restrictions lors de son concerts à Merzouga.