10 ans de légende Gnaoua
Ecrit par Communiqué   

Il y a 10 ans, un tel anniversaire était impensable… Et pourtant, ces «10 ans d'émotions musicales» ont été plus que dignement fêtées par 450.000 festivaliers. Un chiffre qui nous rappelle que ce rendez-vous devenu « mythique » pour beaucoup de Marocains et étrangers a trouvé son équilibre, que ce soit en termes de qualité artistique, d'affluence et de fidélité du public. Arrivé à mâturité, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde a su élargir, au cours de toutes ces années, un concept fort et magique.

Le spectacle s'est ouvert mercredi à 18h par une procession inédite, au départ de Bab Doukkala jusqu'à la place Moulay Hassan, en passant par la médina, réunissant pour la première fois 20 maâlems et leurs troupes, les groupes traditionnels Ganga de Tamanar, Ahwasch Haha, Hmadcha, Bnet Houariyat, ainsi que les Marionnettes Géantes de musiciens gnaoua et les percussions cubaines d'Orishaté. Un défilé de rythmes annonçant les mille et une couleurs d'une édition anniversaire préservant l'authenticité de cet événement ouvert depuis ses débuts à tous les artistes du monde.   

L'Argentin Minino Garay et ses Tambours du Sud ont ensuite communié tambours battants avec le public de Moulay Hassan en soirée, dans une ambiance latino endiablée mêlant la samba, le folklore caraïbéen, uruguayen et brésilien.  

Les créations musicales fortes imaginées par les trois directeurs artistiques ont tour à tour rendu hommage à cette fête Gnaoua. Tout d'abord à l'héritage des années 70 et à Jimi Hendrix avec Loy Ehrlich et Band of Gnawa. Puis à ses côtés le guitariste de rock Louis Bertignac, la voix envoûtante du Tunisien Adkram Sedkaoui, le batteur Cyril Atef, et le jeune maâlem Saïd Boulhimas, révélation de cette édition, pour une fusion rock-Gnaoua, au parfum d'Orient.  

Lorsque Hamid El Kasri entonne les premières notes de « Chalaba », en parfaite complicité avec Karim Ziad, le percussionniste souiri Ghani Krija, la balafoniste «invité surprise» Ali Keita et Yaya Ouattara, maître du djembé burkinabé, se sont lancés dans une fusion aérienne savourée par un public captivé.   

Abdeslam Alikane et ses Tyour Gnaoua, ont eux, clôturé l'effusion de la scène Moulay Hassan le samedi soir en rencontrant le violoniste virtuose Abdellah Miry, les impresionnnants Ray Lema, et Mokhtar Samba, sans oublier le Sénégalais Soriba Kouyaté, maâlem de la kora, avec en guest star Karim Ziad  pour une demi-heure de bonheur supplémentaire.  

Sur Bab Marrakech, Hoba Hoba Spirit a littéralement créé la sensation vendredi soir, devant 80.000 personnes dansant et chantant au rythme de la « haïha music » des Casablancais, qui ont joué près de deux heures.  

Les scènes Méditel et Pepsi ont encore une fois rassemblé un public fidèle devant des groupes marocains de rap, fusion, ou ragga. De Darga à Fnaïre en passant par Steph Ragga Man, Casa Crew,  Bleu Mogador ou Zazz, le succès était au rendez-vous.  

Enfin, aux Anglais d'Asian Dub Foudation d'asséner le dernier coup électro-ethnique sur la scène Bab Marrakech samedi soir, clôturant cette édition par un métissage électronique puissant, porteur d'un message universel de respect entre les peuples.

Cette dixième édition a été couverte par plus de 60 médias nationaux et plus 50 médias internationaux, en provenance de France, Italie, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, États-Unis, ou encore Japon. Au total, près de 300 accréditations ont été délivrées par l'organisation. La télévision était également fortement représentée avec 15 télés dont 3 marocaines ainsi que des chaînes internationales telles que France3, I TV, France 24, TV5, LCI, AL Jazeera, Al Horra, Al Arabia, BBC, Reuters TV. 16 radios, dont 8 nationales, ont fait le déplacement. Une attention médiatique considérable dont l’impact est ressenti chaque année par la présence croissance de festivaliers étrangers venus à la rencontre des gnaoua et de leur festival devenu un rendez vous culturel majeur et surtout unique dans son genre. Le défi du festival pour les éditions à venir sera sans aucun doute celui de l’artistique, de la création, au service de la musique.