| Islam, 9 ans, recalé d'un jeu télé pour enfants à cause de son prénom |
| Ecrit par LEMONDE.FR 16-04-2008 | |
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L'équipe propose alors à Islam de troquer son prénom trop
"connoté" pour un autre prénom musulman, comme "Mohammed"
ou "Sofiane", rapporte un article de l'hebdomadaire La Vie. Devant
le refus d'Islam et de sa mère, Farah, la production promet de les rappeler
mais les Alaouchiche comprennent que le petit garçon est indésirable sur le
plateau de l'émission.
Chez Lagardère Active, dont Gulli et Angel productions sont
des filiales, l'affaire est gênante. Les deux entités se d'abord renvoyé la
balle, la casteuse de la société de production ayant affirmé suivre les
consignes du responsable des programmes de la chaîne, tandis que chez Gulli, on
se défausse sur Angel productions, niant toute responsabilité de la chaîne. De
son côté, la société de production continue à nier la discrimination, même si
la casteuse a reconnu sa maladresse.
Finalement, Arnaud Lagardère a personnellement présenté
mercredi ses excuses aux parents du jeune garçon et a "proposé au jeune
Islam de venir comme candidat à une prochaine émission du jeu 'In ze
boîte'". En outre, indique un communiqué de presse, Arnaud Lagardère "a
demandé, ainsi que Didier Quillot, président de Lagardère Active, lance une
enquête interne pour faire la lumière sur ces événements qui vont à l'encontre
des valeurs défendues par le groupe et Gulli".
SOS RACISME AUSSI MIS EN CAUSE
Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Après sa mésaventure,
Farah Alaouchiche s'était tournée vers les associations, estimant que son fils
avait été discriminé. D'après le
témoignage de Farah rapporté par La Vie et repris par Rue89, à la Haute
Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), au
Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), même
réponse : sans preuve, pas de plainte qui tienne la route, ce sera la parole de
Gulli et d'Angel productions contre celle de Mme Alaouchiche.
Reçue par SOS Racisme, Mme Alaouchiche n'a pas apprécié
l'accueil qui lui a été fait. Selon des propos reproduits dans La Vie, il lui
aurait été dit qu'"il faut reconnaître qu'en France, Islam est un prénom
difficile à porter". "On m'a même conseillé de conduire mon fils chez
un psy !" a-t-elle ajouté.
Samuel Thomas, chargé des discriminations à SOS Racisme,
s'insurge violemment contre ces déclarations : "Nous avons pris beaucoup
de temps pour lui apporter notre soutien et lui expliquer les conséquences
traumatisantes que pouvaient avoir sur un petit garçon une procédure
judiciaire. Durant un procès, sa parole serait remise en doute et sa souffrance
doublement niée."
Rue89 a publié la
réponse de la personne de SOS Racisme qui a reçu l'appel au secours de Farah
Alaouchiche. Celle-ci nie formellement les propos qui lui sont
attribués. Et Samuel Thomas, de SOS Racisme, soutient que les propos de Mme
Alaouchiche ont été déformés. Il assure aussi que SOS Racisme aidera la famille
dans son action judiciaire. "Mme Alaouchiche est décidée à aller au bout
de son action, nous la soutiendrons en nous portant partie civile à ses
côtés", a-t-il affirmé.
La maman d'Islam
a pourtant fermement maintenu ses propos – notamment sur ce que la personne de
SOS Racisme lui aurait dit – dans un témoignage audio recueilli par Rue89.
"Seules 1 % des affaires de discrimination que nous
traitons vont jusqu'au procès. Les lois existent mais, sans preuve, pas
d'infraction", tient à préciser Samuel Thomas et "la médiatisation
d'une affaire aide évidemment", le déficit d'image pouvant s'avérer
dévastateur pour une petite chaîne de télévision.
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