Des gymnastes militants (Ahmed BZIOUI)
Ecrit par Ahmed BZIOUI - Des gymnastes militants   
[Version électronique du livre "Des gymnastes militants", publiée en plusieurs parties exclusivement sur Selwane.com]
Né en 1943, l'auteur (Ahmed BZIOUI) a été enseignant, gymnaste, entraineur national et juge international en gymnastique.
DES GYMNASTES MILITANTS
"... Le militantisme, c'est l'idée majeure que j'essaie de faire ressortir dans ce livre. Celui des pionniers de la section gymnastique du FUS qui nous ont légué une page glorieuse de l'histoire de la gymnastique au Maroc. Militantisme pour marquer leur présence parmi les étrangers pendant la colonisation. Militantisme pour dépasser les difficultés matérielles de leur club, et surtout, militantisme dans le domaine de la formation et de l'éducation de la jeunesse marocaine. J'espère que ce livre contribuera à rendre hommage  à ces « champions toutes catégories », dont la carrière ne se résume pas en un éphémère exploit sportif, mais bien en des actions nobles menées au service des autres."
Préface
   Quand, en 1989, le Comité Directeur de FUS fut reconstitué après une léthargie de plusieurs années, nous avions été confronté à une difficulté majeure ; l’absence du patrimoine documentaire du Club. La documentation de base tels que les statuts de l’association, les rapports d’activités, les procès verbaux de réunions, le palmarès des sections, les coupes et prix, les photos étaient quasiment introuvables.
 
    Il a fallu faire appel à la mémoire des anciens joueurs et dirigeants pour reconstituer les quelques documents dont nous disposons aujourd’hui. Un travail de longues haleine, qu’il faudra poursuivre avec méthode ; surtout auprès des militants qui ont dirigé le Club depuis sa création et qui sont encore en vie, que Dieu les protége.
 
    C’est dans cet esprit que M. Ahmed Bzioui se propose de retracer une partie de l’histoire du Fath Union Sports en axant son travail tout spécialement sur la section gymnastique.
 
    Sportif accompli, plusieurs fois champion dans les disciplines qu’il a pratiquées (natation, gymnastique…) Ahmed Bzioui entreprend un travail de recherche dans la documentation qu’il a rassemblée, au fil du temps s’appuyant sur des interviews auprès d’anciens pratiquants et dirigeants, en fouinant dans la presse de l’époque, les archives de la Bibliothèque Nationale et bien d’autres sources d’informations privées. Il relate avec bonheur et précision les phases qu’il a vécues au sein du Club en tant que pratiquant, en contact direct avec les dirigeants et nous montre, dans un processus évolutif comment le Club du Fath Union Sports s’est imposé sur la scène sportive marocaine grâce à des gymnastes formés dans des conditions qui nous paraissent aujourd’hui impossibles.
 
    Son texte ne manque pas de passages passionnants, mais sans tomber dans l’autosatisfaction béate. Ce livre nous interpelle tous, dirigeants et admirateurs du FUS ; l’histoire de ce grand Club mérite d’être écrite. Nous avons retenu le message.
 
    Abdelkrim Bennani
 
Introduction
    Il n’est pas aisé de raconter l’histoire d’une association sportive aussi prestigieuse soit-elle, en l’absence de témoignages et de traces écrits. La tâche est d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un sport comme la gymnastique qui, contrairement à d’autres disciplines sportives, ne bénéficie d’aucune médiatisation.
 
    C’est pourtant le pari qui est tenu dans ce livre qui égrène les étapes et les événements ayant marqué la vie de la section de gymnastique de l’Association Fath Anion Sport (FUS) pendant plus d’un demi-siècle d’existence.
 
   En effet, c’est le moment, après plus de soixante ans, de rendre hommage à ceux qui ont cru en leur projet en fondant cette association et en en faisant une grande école de nationalisme, de formation sportive et d’éducation morale
 
    Pour ce faire, nous nous basons, pour l’essentiel, sur le témoignage de quelques-unes des figures qui ont marqué l’histoires du FUS et avec lesquelles le lecteur aura le loisir de faire connaissance tout au long de cet ouvrage.
 
    Afin d’étayer ces témoignages, une large part et réservée aux photographies qui expriment mieux que la parole la réalité de certains faits historiques, et dont un grand nombre a été isérer dans ce livre.
 
    Nous espérons qu’à travers ces témoignages, et ces photographies, le lecteur aura un aperçu sur l’histoire singulière d’une association qui continue à s’accrocher à son passé et aux valeurs qui ont guidé ses fondateurs. L’histoire du FUS faisant partie de l’histoire du sport au Maroc, nous espérons à travers ce livre donner par la même occasion un aperçu sur l’évolution de la gymnastique dans notre pays en général.
 
    Puisse cet ouvrage montrer que la valeur d’une association sportive ne se mesure pas uniquement par le nombre de titres et d’exploits réalisés dans les arènes sportives, mais aussi par des actions nobles et désintéressées que des hommes et des femmes accomplissent dans l’intérêt des jeunes et de leur pays.
 
   L’histoire de la gymnastique au FUS étant avant tout celle du parcours d’hommes et de femmes qui en sont les acteurs, des noms et des actions pourraient être occultées. Nous espérons que ceux qui n’auront pas été cité dans ce livre, ne nous en ferons pas grief. 

L'AVENEMENT D'UN SPORT AU MAROC
Pour mieux cerner l'histoire de la section gymnastique du FUS, il es intéressant de connaître l'environnement dans lequel s'est effectué le  rassemblement des hommes et des idées ayant donné naissance à la première section de gymnastique "authentiquement marocaine": l'Union Sportive de Rabat-Salé, devenue quatre ans plus tard "Fath Union Sport".
De même qu'il est intéressant d'avoir un aperçu sur l'évolution de la gymnastique au Maroc depuis l'apparition des premières "sociétés" de gymnastiques françaises, jusqu'à la prise en main de la destinée de cette activité par des marocains, au lendemain de l'indépendance.
 
L’avant-garde à Strasbourg en 1925  

1 - LES PIONNIERS DE LA GYMNASTIQUE
La gymnastique a été introduite au Maroc, dès le début du protectorat, par l'armée française et avait pour objectif principal la formation physique des militaires.
C'était en effet un bon moyen pédagogique pour rassembler des hommes et "forger" leur corps. Comme dans beaucoup de pays, l'armée française utilisait cette conception de la gymnastique comme support à sa propagande en organisant des manifestations qui réunissaient des milliers d'exécutants, où le but principal était aussi sans aucun doute, de montrer la cohésion des troupes d'occupation.
De ce fait, la gymnastique n'était pas codifiée et comprenait toutes sortes d'activités ayant trait à la préparation physique générale telles que le saut en hauteur, le lancer de poids, le grimper à la corde, le tir, le saut à la perche, les exercices de portique et les exercices aux agrès.
La gymnastique, sous sa forme moderne, n'est apparue au Maroc qu'avec la création de quelques associations sportives françaises, appelées "sociétés", qui étaient pour la plupart, des clubs omnisports. Ces associations, groupées sous l'égide des Ligues Régionales du Maroc relevaient des Fédérations sportives Françaises. Ainsi étaient-elles affiliées (jusqu'à l'indépendance) à la Ligue du Maroc (créée en 1913), sous l'égide de L'Union des sociétés de gymnastique de France, devenue en 1942 la Fédération Française de Gymnastique.
Même s'il n'existait pas à l'époque d'associations exclusivement marocaines, des nationaux ont adhéré très tôt à cette nouvelle forme d'activité physique.
Dans un pays où le mouvement acrobatique est bien enraciné grâce surtout à la gymnastique ancestrale des "Ouled Hmad Ou Moussa", (combattants acrobates adeptes du grand soufi de la région de Souss né en 1450), il était normal que l'attrait pour cette nouvelle activité ait été grand chez beaucoup de marocains, pour lesquels la gymnastique sportive représentait un moyen parmi d'autres pour s'affirmer.
"L'Avant Garde" de Rabat, l'une des premières associations apparues au Maroc (1913), a été la première à ouvrir ses portes aux marocains. Elle a été suivie plus tard par d'autres clubs français tels que "La Lorraine", l'Union Sportive des Cheminots d'Oujda et l'Etoile Fassi.

2  - DES GYMNASTES EXCEPTIONNELS
Bien que nouvellement introduite au Maroc, la gymnastique a donné, pendant la période du protectorat, des gymnastes marocains et français de haut niveau. En effet ces gymnastes ont représenté honorablement la gymnastique marocaine aux différentes manifestations officielles, aussi bien au Maroc qu'à l'étranger (championnats de France, Fêtes Fédérales, championnat d'Afrique du Nord...)
 Mais c'était  surtout au sein de "l'Avant Garde" que des marocains (Allal Amrane, Thami Benkaddour dit "Ould Khbizia",  Meskini,  Abbas Jnieh, Mohamed Cherkaoui et Taïbi Piro) se sont distingués en se hissant au niveau des meilleurs gymnastes français de cette époque. Taïbi Piro, plus connu sous le nom de "Kalino", a dominé   pendant  longtemps (1923 à 1929) l'activité gymnique au Maroc. Il s'est distingué également à l'étranger en remportant plusieurs concours, en individuel et par équipe (l'Avant Garde). Il faisait aussi partie de l'équipe de la Ligue Régionale lors de compétitions en France et en Afrique du Nord (Clermont-Ferrand, Lyon, Angers, Rouen en 1923, Strasbourg à l'occasion de la 47e Fête Fédérale de 1925 et Alger en 1929).
Plus tard d'autres marocains, Mohamed Cherkaoui et Ahmed Fellat, prouveront que des "autochtones" pouvaient rivaliser avec leurs homologues étrangers. L'exemple du gymnaste Ahmed Fellat qui a été en 1954 le seul gymnaste marocain sélectionné en équipe nationale, est assez édifiant, dans la mesure où tous ses autres équipiers étaient français.
Quant aux étrangers du Maroc, ce sont de l'avis général, Fernandez François de l'Etoile Fassi, Pastor Gilbert, et André Weingand de la Lorraine qui ont le plus marqué la gymnastique au Maroc.
C'est sans conteste, André Weingand, cet ancien gymnaste de Toulon qui a été le meilleur athlète que le Maroc ait connu. Ceux qui l'ont côtoyé, se souviennent encore avec nostalgie des prestations de ce grand et élégant gymnaste, sociétaire de La Casablancaise puis de La Lorraine (1947, 1949 et 1952), qui a été 21 fois champion de France.

3 – LES FETES FEDERALES OU LA FETE DE LA GYMNASTIQUE
La gymnastique, sport de base par excellence, est le moyen idéal pour la préparation physique générale. C'est pourquoi elle a de tout temps, servi à la préparation des troupes armées et à leur galvanisation.
C'est également une activité qui développe discipline ordre et courage. C'est aussi, il faut en convenir, le sport de parade par excellence. Aussi pour les gymnastes et surtout pour les spectateurs, les grandes manifestations gymniques étaient-elles de véritables fêtes sportives. C'est à juste titre, que les manifestations annuelles officielles, organisées par la Ligue Régionale, étaient appelées "Fêtes Fédérales".
C'étaient, à l'époque, des manifestations d'envergure qui ralliaient des centaines de gymnastes représentant toutes les régions du Maroc. A l'occasion de la 2° Fête Fédérale du Maroc qui s'est déroulée à Rabat   le 2, 3 et 4 Juillet 1938, plus de 500 gymnastes accompagnés de leurs fanfares et munis de leurs drapeaux ont concouru dans des disciplines aussi variées que l'acrobatie au sol, l'haltérophilie, le ballet ou le plongeon.


Associations ayant participé à la 2° Fête Fédérale de 1938:
1. L'Avant-Garde de Rabat
2. La "Casablancaise" de Casablanca
3. La "Française" de Tanger
4. L'U.S. Cheminots d'Oujda
5. L'Etoile Fassie de Fès
6. La "Franco-Marocaine", d'Oujda
7. La "Port-Lyautéenne" de Kénitra
8. L'Association Sportive de Kasba-Tadla
9. Club Olympique Français d'Oujda.
10. Section féminine du Collège des Orangers

L'Echo du Maroc 26 juin 1938


4 – LA FETE FEDERALE DE CASABLANCA EN 1949


Face à l'engouement des marocains pour la gymnastique, les responsables de la Fédération Française n'ont pas hésité à tenir un grand pari en organisant, pour la première fois au Maroc, la 61° Fête Fédérale de France. Cette manifestation qui rappelait par son aspect "les gymnasiades" et les "sokols" du 19° siècle, s'est déroulée en 1949 à Casablanca. C'était l'une des rares Fêtes Fédérales Françaises à avoir eu lieu en dehors du sol français, puisque deux pays étrangers seulement ont eu le privilège d'accueillir cette importante réunion gymnique populaire.
Malgré l'éloignement, près de 140 sociétés pour la plupart françaises, ainsi que des associations venues de Suisse, du Portugal, de la Belgique, de la Tunisie, d'Algérie et du Maroc, ont prit part à la plus grande réunion de gymnastes, jamais organisée sur le sol africain.
Ce grand rassemblement présidé par Feu Sa Majesté Mohamed V, s'est déroulé au stade Bourgogne, construit en un temps record (18 jours) pour la circonstance.
La présence royale à la manifestation, a été considérée à elle seule, comme un événement important qui a été rapporté par les médias au Maroc et en France.
Pour la Fédération et la Ligue du Maroc, rassembler pour la première fois plus de 3000 gymnastes en terre africaine était un véritable exploit. Les mouvements d'ensemble et les démonstrations présentés au public constituaient des prouesses que les organisateurs étaient loin d'espérer.
Ainsi, une pyramide humaine haute de 12 mètres a été présentée par la garde républicaine à un public étonné et ravi. En outre, une tour métallique de 35m, servant de support aux couleurs des associations participantes, a été érigée au stade Bourgogne.
Au delà   du   succès populaire de cette manifestation et de son importance sur le plan historique, cette 61° Fête Fédérale a aussi été le théâtre de certains événements qui ont marqué l'histoire de la gymnastique et celle du sport national en général. Signalons à cet effet, l'action téméraire (incident fâcheux pour certains), des gymnastes algériens qui, refusant de défiler derrière le drapeau français, ont  préféré marcher derrière le drapeau marocain, porté pour la circonstance par le capitaine du FUS Mohamed Alami.
D'après les participants à la 61° F.F, Mohamed Alami, chargé de hisser les couleurs du FUS en haut de la tour métallique haute de 35 m, a défié tous les participants en l'escaladant jusqu'au sommet, faisant flotter l'étendard de son association plus haut que tous les autres créant par la même occasion un autre "incident fâcheux".
Cette Fête Fédérale a été également pour les jeunes sportifs d'Afrique du Nord, le moment opportun et unique pour débattre de leur avenir sportif et de l'avenir politique de leurs pays respectifs. C'est ainsi que les gymnastes Marocains, Algériens et Tunisiens ont créé une association éphémère, "Le Front de la Jeunesse Maghrébine" qui, hélas, n'a duré que trois jours, c’est à dire la durée de cette fête sportive.
La participation du FUS à cette manifestation doit aussi être considérée comme un événement important de l'histoire de la gymnastique marocaine puisque c'était la seule association authentiquement nationale parmi une dizaine de clubs du Maroc présents à Casablanca.
Par leur participation, les gymnastes du FUS ont prouvé que les sportifs marocains à cette époque, étaient en mesure d'égaler leurs homologues étrangers aussi bien dans le domaine de l'organisation associative que dans celui de la pratique d'une nouvelle discipline sportive, de surcroît très technique.
C'est cette présence et cette détermination des sportifs marocains que le lecteur découvrira dans les pages suivantes à travers l'histoire de la section gymnastique du FUS, histoire qui reflète le combat mené par certains dirigeants, pour la pérennité de leur association et celle de l'activité sportive en général.

Témoignage :
(J. A. Latte FFG)"...Recevant une délégation de la Fédération Française le Mercredi 13 Avril 1949, le Président de la Ligue du Maroc Maître Pacot (hospitalisé après un grave accident), dit à propos de la 61° Fête Fédérale de Casablanca: « Cette fête sera un succès. La présence du Sultan est un fait sans précédent », buvons à cette prophétie..."

(Le Gymnaste Mai 1949)

 
Le FUS et un club Français à la Fête Fédérale de Casablanca en 1949





GENESE DE L’UNION
Malgré la situation politique sous le protectorat, une bonne atmosphère régnait entre gymnastes marocains et étrangers dans le cadre de cette activité sportive qui avait plus tendance à les rapprocher qu'à les diviser, les témoignages des  anciens gymnastes étant unanimes à cet effet. Néanmoins, les marocains n'avaient aucun droit à la direction des affaires de la gymnastique, ni à la gestion du sport en général.
Cette frustration allait engendrer chez certains d'entre eux la motivation nécessaire pour créer leur propre association. Cette idée qui germait déjà dans l'esprit de Brahim Laoufir, Sif Eddine Bargach, Mekki Aïssaoui, Mohamed Cherkaoui, Abderrahmane Maghouch, Gharbaoui, Omar Boukhari... allait se concrétiser quand la plupart des gymnastes marocains de l'Avant-garde se sont ralliés à l'association omnisports, "L'Union Sportive de Rabat Salé" (l'USRS). Ainsi est née en 1940, la première section de gymnastique sportive, authentiquement nationale.
Créée en 1932, l'Union Sportive de Rabat Salé était une association omnisports qui comprenait, outre la section gymnastique, des disciplines comme le football, le basket-ball, le volley-ball et le scoutisme. Les pages suivantes décriront dans quelles circonstances le club omnisport USRS a été dissout lors des événements de 1944 et comment les gymnastes ont été amenés à continuer leur activité dans la clandestinité, jusqu'au moment où la section gymnastique a revu le jour dans le cadre de la prestigieuse association omnisports "Fath Union Sport". 

1 - DES GYMNASTES MILITANTS
Plus qu'une association   sportive, l'Union Sportive de Rabat-Salé était avant tout un fief de nationalistes et de militants pour lesquels l'activité sportive était un bon moyen pour masquer leur action politique.
Au sein de ce groupement présidé par Si Driss M'hammedi, la section gymnastique était la cellule la plus active. Elle comprenait des personnages qui ont marqué l'histoire de la gymnastique et dont certains, encadrent encore les générations actuelles. Parmi ces personnages nous citons :
Brahim Laoufir, M'hammed Balafrej, Mohamed El Maadani, Mohamed Dghimer, Abdallah Zaki, Mohamed Benabdallah, Ahmed Ben Thami Fellat, Mohamed Alami, Ahmed Lamzoudi, Mohamed Belkhadir, Abdelmoula El Hassani, Abdelkrim Benomar, Tahar Benali dit "Douda", Mohamed Blidi, Mohamed Cherkaoui, Hachmi Bennani, Hoummani Bennani, Abdelkader Zeggari, Allal Kojja, Abdelkader Benslimane, Ahmed Yazidi, Mohamed Belhaoudi, Omar Boukhari.

2 - LA SALLE "DORA" SIEGE DES MILITANTS
D'après les témoignages de ces pionniers de la gymnastique, la salle d'entraînement de Sidi Fateh dite "Dora" (Hôpital Sidi Fateh actuellement) était le lieu privilégié où se tenaient des réunions secrètes, servant aussi, d'entrepôt d'armes de fortune.
Lors du soulèvement national de 1944, l'activisme des militants de l'USRS leur a valu, le bouclage de la salle "Dora" par des unités de l'armée française, la dissolution de l'association et, surtout, la disparition d’un cadre idéal de rassemblement, qui occultait l'activité politique.
C'était mal juger la volonté de ces militants qui, animés d'un patriotisme ardent, ont tout mis en oeuvre pour poursuivre leur activité.
Sous la conduite de Brahim Laoufir, quelques éléments de la section gymnastique ont alors pris un grand risque en allant dissimuler le matériel de sabotage et les documents compromettants qui se trouvaient dans la salle assiégée. Par la même occasion, ils ont récupéré une partie du matériel de gymnastique sans lequel ils n’auraient pas pu poursuivre leur activité sportive. Pour cela, ils n'avaient pas besoin de forcer leur talent. Ils ont accédé à la salle par les toits des maisons avoisinantes, en usant d'exercices qui leur étaient familiers, comme le grimper et l'escalade.

Témoignage: d'après les anciens de l'USRS, un matériel important destiné aux opérations de sabotage (200 gourdins, de l'essence et des masques à gaz.) ainsi que des documents secrets, se trouvaient dans la salle d'entraînement "Dora" au moment de son bouclage par les troupes françaises.

Grâce à cette action héroïque, les agrès récupérés ont été installés dans certaines maisons de la médina, appartenant aux membres de l'association (Ben Abdallah, Alami, Benamer, Baïna...). A titre d'exemple, les anneaux étaient installés chez Mohamed Alami, et les Barres parallèles chez Baïna. Une cabane à la plage de Rabat appartenant à Ben Abdallah a aussi servi de refuge à nos "gymnastes clandestins".
Bien que provisoire, cette solution a permis aux gymnastes de rester en contact pour la poursuite de leur double activité, sportive et politique.
Ce cadre, (les maisons de la Médina) s'est cependant avéré restreint. En effet, dans l'esprit de ces militants, l'action devait être étendue aux autres quartiers de Rabat et de Salé. La gymnastique par sa nature, n’était en effet, pas un sport de contact avec les masses.

3 - DES   GYMNASTES   FOOTBALLEURS
Puisque le football était à l'époque le sport le plus pratiqué par les marocains, il a été vite adopté par les anciens sociétaires de l'USRS qui ont créé, sans attendre, des équipes de quartiers à Rabat et à Salé.
Véritables cellules politiques, ces équipes (13 au total) étaient groupées dans le cadre de la Haute Ligue que présidait Haj Sittel Aïssaoui, grande figure de l'USRS et du FUS.
Parmi elles, nous citerons celles qui ont été à l'origine de quelques grands clubs de Rabat et de Salé et qui ont poursuivi leur activité sportive bien après l'indépendance :
L'Ittihad de Touarga, Nahda de Souiqa, Charaf d'El Akkari, Difaa de Boukroun, Najah, Achcharq, Mohammadia, Annasr de Gza, Chabab Souiqa.
Par ailleurs, les membres de l'USRS étaient convaincus que le meilleur moyen de s'affirmer et de progresser sur le plan sportif, était d'agir au grand jour, c'est à dire dans la légalité. A cet effet plusieurs tentatives ont été entreprises par cette grande union de gymnastes et de footballeurs; et le 10 Avril 1946 de nouveaux statuts ont été déposés, marquant la naissance d'une association omnisports qui deviendra plus tard une véritable institution, sous le nom :
"FATH UNION SPORT"    اتحـاد الفتح الرياضي





LA DECENNIE DE L'AFFERMISSEMENTS
Officiellement  l'association  "Fath  Union Sport" est née le 10 avril 1946, elle n'est en fait que le prolongement naturel de l'Union Sportive de Rabat-Salé née en 1932, et dont les membres, après la dissolution  de  leur  club en 1944, ont donné naissance au FUS.
L'histoire retiendra cependant, cette tentative (infructueuse) de quelques gymnastes qui, peut-être pour marquer la "spécificité" de leur activité, contrariés surtout par la très grande importance accordée à la section foot ball au détriment des autres sections, ont essayé une année plus tard (1947) de se démarquer des autres disciplines,  en donnant à la section, le nom "d'Etoile Verte". Les autorités ayant refusé ce nom (d'après eux  chargé de symboles), les gymnastes ont du renoncer à leur projet en restant dans le giron "maternel" sous l'étendard de l'Association Fath Union Sport, ne se doutant point de l'avenir glorieux qu'ils allaient connaître sous ce nom.
En effet le retour à la "légalité" allait donner à l'association les coudées franches  pour mener une autre forme de combat, celle de faire admettre que des marocains étaient en mesure de gérer une activité sportive et de rivaliser  avec les étrangers au Maroc.

1 - DES MOYENS LIMITES

Pour relever ce défi, les gymnastes devaient trouver les moyens matériels qui leur faisaient défaut en cette période d'après guerre. Conscients de ne pouvoir compter que sur eux mêmes, ils ont fait preuve d'ingéniosité en fabriquant les premiers agrès pour le démarrage de la section. Parmi ces hommes qui s'évertuaient à aider matériellement le FUS, il y a lieu de citer  M'hammed Balafrej, Brahim Laoufir, Mustapha Bensaïd, Ahmed Lamzoudi et surtout Ahmed Jebli Elaïdouni  le premier président de la section qui a mis gracieusement à la disposition des gymnastes du FUS la première salle pour les entraînements.

2 - PARTICIPATION TOUS AZIMUTS
Malgré le manque de moyens, les gymnastes du FUS, animés d'une volonté farouche et d'une grande détermination à prouver leurs aptitudes dans un domaine jadis réservé aux étrangers, ont relevé  le  défi  en  participant, pendant  une   décennie (1946 - 1955), à toutes les manifestations organisées par la Ligue du Maroc qui relevait de la Fédération Française de Gymnastique.
Les responsables devaient, pour cela, réorganiser la section en adoptant des méthodes de gestion modernes, notamment en ce qui concerne les entraînements et l'encadrement technique.
Bientôt les "fusistes" n'avaient plus rien à envier  à leurs homologues étrangers, puisque leur association a été la première à introduire dans le cadre de la formation des entraîneurs, des cours théoriques et pratiques sur les méthodes d'entraînement, sur la mécanique des mouvements ainsi que sur l'anatomie et la physiologie.

A l'origine de cette initiative, unique dans l'organisation sportive de l'époque, deux grandes figures sportives:   Abdelmoumen Tidjani, l'un des premiers marocains à avoir reçu une formation en éducation physique en France, et  Ahmed Jebli Elaïdouni,  l'un des premiers médecins marocains et premier président de la section gymnastique.
Les efforts des dirigeants de la section n'ont pas  tardé à donner leurs fruits,  puisque le club a très vite atteint le niveau des associations étrangères comme l'Avant garde, et l'Etoile Fassi. Le palmares ci-après en témoigne.
Principaux résultats réalisés par le FUS avant l'indépendance:
1946 - 1947: 1° participation d'un club marocain
1947 - 1948:
championnat du Maroc  (6 clubs français)
1948 - 1949:
championnat du Maroc  (6 clubs français)
1948 - 1949: 39° Fête fédérale  (139 clubs)
1949 - 1950:
championnat  du Maroc
1950 - 1951:
championnat  du Maroc
1951 - 1952: gel de l'activité  pour raisons politiques
1952 - 1953:
championnat du Maroc
Jeux d'Afrique du Nord à Oran - Algérie
1953 - 1954:
championnat du Maroc
1954 - 1956:
Gel de l'activité pour raisons politiques

La présence de l'association et les performances de ses gymnastes forcaient l'admiration de tous, notamment celle des responsables de la Ligue qui ont invité le FUS à participer aux grandes manifestations gymniques, tels que le championnat d'Afrique du Nord, et les Fêtes Fédérales organisées par la Fédération Française de Gymnastique comme ce fut le cas en 1949 à Casablanca.

Les  gymnastes du FUS se distinguaient tant dans les compétitions officielles organisées par la Ligue  que dans les différentes manifestations nationales et populaires.
Aux rassemblements,  aux fêtes nationales et à l'occasion d'événements marquants (Retour d'exil du nationaliste Allal Fassi en mai 1946, inauguration du Groupe Scolaire Mohamed V en 1947...) ils étaient toujours là pour faire  des parades,  des démonstrations, ou pour se  charger du service d'ordre. Nul doute que dans leur esprit, ce souci de l’ordre, de la discipline et du patriotisme en général, prévalait sur les considérations techniques et les résultats sportifs.
Ce  rayonnement  de l'association lui  a valu cependant quelques  déboires. Son  activité a été  gelée pendant deux saisons (1951-1952 et 1954-1955) par les autorités d'occupation.
L'avènement de l'indépendance a mis fin aux tourments, et a été  le point de départ d'une période faste de près de deux décennies.
Pendant cette période, le FUS, par la valeur de ses gymnastes qui remportaient la plupart des épreuves sportives,  par l'action de ses dirigeants dans le cadre des activités de la fédération, a eu un grand impact sur le cours de la gymnastique au Maroc.



LES ANNEES FASTES
Ceux qui ont vécu l'euphorie des fêtes organisées au lendemain de l'indépendance et du retour de Feu S.M. Mohamed V, se souviennent encore de ces gymnastes en tenue blanche à l'allure fière, qui  émerveillaient un public en liesse, par leurs parades et leur démonstrations gymniques.
Ces gymnastes, c'étaient les sociétaires du FUS  qui tenaient à participer à chacune des manifestations organisées dans la capitale.
Ces manifestations et ces festivités passées, les gymnastes du FUS devaient s'affirmer dans un cadre plus officiel, celui des épreuves sportives organisées par la Fédération Royale Marocaine de Gymnastique (FRMG). La encore, l'association n'a pas tardé à se placer   parmi les meilleurs clubs du Maroc.
Pour une autre raison, l'année de l'indépendance restera gravée dans la mémoire des "fusiste". C'est en effet le 5 Mai 1956, que S.M Mohamed V octroie à la section gymnique du FUS l'espace "Tamejjajet" par Dahir. Ce geste de l'auguste souverain est venu récompenser les gymnastes de ce club, pour tout ce qu'ils avaient enduré dans leur combat au service du sport et de leur pays. (Dessaisi de cet espace dix ans plus tard, le FUS ne le récupéra qu'en 1993).

 1 - LE FUS AU SERVICE DE LA GYMNASTIQUE   NATIONALE 
  
Comme il a été souligné dans les chapitres précédents, la gymnastique était administrée avant 1956 par une ligue régionale relevant de la Fédération Française de gymnastique. Après l'indépendance, la création d'une fédération nationale regroupant les clubs marocains et français s'imposait. C'étaient, une fois encore, les responsables du FUS, qui ont pris les devants en créant, avec quelques dirigeants des autres clubs, la Fédération Royale Marocaine de Gymnastique.
Ahmed Jebli Aïdouni a été le premier président de cette fédération dont le Bureau comprenait également Brahim Laoufir et Mohamed Jebli, grandes figures de la gymnastique nationale.

Dès 1957, l'omniprésence des membres du FUS allait se confirmer dans tous les domaines de l'activité de la Fédération, tant pour l'encadrement technique, que pour la gestion administrative. A l'occasion des jeux Panarabes de Beyrouth par exemple, l'équipe nationale principalement constituée de gymnastes du FUS, avait comme entraîneur national Brahim Laoufir, et était conduite par Ahmed Jebli.
Les dirigeants et les techniciens du FUS ont continué plus tard à oeuvrer bénévolement, parfois même en dehors de leur club, pour le développement de la gymnastique dans notre pays.

2 - DES RESULTATS HONORABLES
Les gymnastes du FUS ont confirmé la place qu'ils avaient occupée avant l'indépendance, en dominant pendant près de deux décennies les épreuves sportives nationales et régionales programmées par la FRMG.

Avec l'avènement de la gymnastique féminine et son introduction dans les programmes fédéraux en 1965, cette "hégémonie" allait prendre plus d'ampleur, puisque les jeunes filles du FUS ont remporté presque tous les titres pendant près de 20 ans. Cette domination a atteint son apogée pendant la saison 1968 - 1969. Ces résultats ont valu au FUS d'être désigné par la Fédération pour représenter le Maroc au tournoi international de Séville en Espagne en 1969.

Palmares de la saison 1968 – 1969 (
Archives du FUS)
Classement/Epreuve

1°/coupe de la jeunesse (Garçons)
1°/coupe de la jeunesse (Filles)
1°/coupe du Maroc  (Garçons)
/coupe du Maroc (Filles)
1°/coupe du Trône
/championnat du Maroc (Garçons)
/championnat du Maroc (Filles)
/championnat individuel minime (Filles)
/championnat individuel cadettes (Filles)
/championnat toutes catégories   
/championnat individuel junior  (Garçons)

3 - LE FUS ET LES EQUIPES NATIONALES
Avant l'indépendance, les "équipes nationales" qui représentaient le Maroc lors des manifestations internationales n'avaient rien de marocain puisqu'elles étaient composées en totalité de gymnastes français.
Un seul marocain a été sélectionné en équipe "nationale" en 1954. C'était le sociétaire du Fus Ahmed Fellat, le seul qui pouvait rivaliser avec ses coéquipiers français et qui méritait largement ce couronnement.
Au lendemain de l'indépendance, les gymnastes du FUS ont formé pendant longtemps l'ossature des Equipes Nationales.
 
Dès 1957 en effet, à l'occasion des Jeux Panarabes de Beyrouth, trois gymnastes sur les cinq constituant la première équipe nationale du Maroc indépendant, étaient des sociétaires du FUS (Ahmed Fellat, Abdesslam Regragui, Abdellatif Bouallaga). Cette équipe, qui était encadrée par Ahmed Jebli  (président de la FRMG et du FUS)  et entraînée par Haj Brahim Laoufir, a remporté la médaille d'or lors de cette manifestation continentale.
Cette très forte présence des éléments du FUS en équipe nationale a continué à se manifester pendant deux décennies, tant en équipe première, qu'en équipe de réserve ou en équipe des espoirs.
Voici à titre d'exemple la liste des 10 gymnastes du FUS retenus lors du test de sélection des équipes nationales du 21 Avril 1965
(Archives du FUS):
Equipe A
Abdellatif  Chiadmi
Mohamed Alaoui
Equipe B
Jaï Abdelkader
Mokhtar Bzioui
Ahmed Bzioui
Espoirs
Abdelmajid Bouras
Abdallah Bouras
Ahmed Boujendar
Abdelahad Boujendar
Rachid Medkouri
               
Liste des gymnastes du FUS retenus au moins une fois en Equipe Nationale A
  (Archives du FUS):

E. N. masculines
Ahmed Fellat
Abdesslam Regragui
Abdellatif Bouallaga
Abdellatif Chiadmi
Mohamed Alaoui
Ali Belcadi
Abdelmajid Bouras
Rachid Louraoui
Abdelmajid Siba
Abdel Ahad  Boujendar
Abderrahim Benazzouz
Abdel Ilah Chater
E.N.  féminines
Naïma El Medkouri
Najat El Medkouri
Naïma Benboubker
Zohra Ezzhar
Samira Adaskou
Naïma Affane
Bouchra Khouadra
Naïma Moussaïd
Hanane Bensaïd
Hafida El Mazmizi
Fatiha Irrighen
                     
Entraîneurs du FUS ayant encadré des Equipes Nationales :
E. N. masculines
Brahim Laoufir
Ahmed Fellat
Abdelmajid Bouras
E.N.  féminines
Ahmed Bzioui

4 - LE RETOUR DES TOURMENTS
L'association a connu cependant une période de relatif déclin pendant les années 80, en raison de problèmes matériels et du départ des meilleurs gymnastes vers un autre club de la capitale. C'était surtout à cause de la vétusté de leur salle d'entraînement que les responsables durent abandonner, la mort dans l'âme, leur local qui menaçait de tomber en ruine. En 1987, le FUS a en effet été prié "d'évacuer" les installations de l'église du quartier de l'Océan
Pour ne pas arrêter définitivement son activité, la section adopta malgré cette situation, un programme de "survie", avec un nombre très réduit de  gymnastes et d'entraîneurs, à leur ancienne salle, la salle Mamoun (ex La Lorraine), partagée avec le Maghreb Sportif de Rabat  (MSR).
L'association n'aurait peut-être pas survécue au delà de l'année 1989 si les responsables de la section et ceux du comité du FUS, n'étaient pas intervenu auprès de la Willaya, pour l'installation officielle de la section à la salle Mamoun. Ces démarches ayant abouti, l'activité du club a connu un redressement important.
Avant de parler de ce redémarrage, il est utile de donner au lecteur un aperçu sur ce sempiternel et "étrange" problème de local d'entraînement, dont la section gymnastique du FUS a souffert depuis sa création.



DES GYMNASTES PELERINS
La gymnastique est une discipline sportive qui exige beaucoup de moyens. Elle ne peut se développer au Maroc sans le concours de l'Etat. Même si, en général, les associations bénéficient de cette aide, la plupart de celles qui sont encore en activité, souffrent de l'absence d'infrastructures adéquates susceptibles d'accompagner l'évolution rapide de la discipline.

L'absence de salles spécialisées pour l'entraînement, et l'insuffisance des équipements, sont en effet à l'origine du nombre très réduit de clubs de gymnastique qui n'a jamais dépassé la quinzaine.

C'est la section gymnastique du FUS qui a, depuis sa création, le plus souffert de cette situation, notamment de l'absence d'un vrai gymnase pour les entraînements.

Cette section a en effet battu tous les records d'instabilité, et a du changer de local d'entraînement une quinzaine de fois en 50 ans. Pendant cette période, les gymnastes du FUS, s'entraînaient tantôt dans de vrais gymnases, tantôt en plein air, ou même dans des maisons.

Avant d'évoquer cette étrange pérégrination qui a commencé il y a plus d'un demi siècle, il faut rappeler l'action (rare de nos jours) du premier Président du FUS Ahmed Jebli Aïdouni qui, en 1947, a mis à la disposition des gymnastes un local pour les entraînements, permettant ainsi le démarrage de la section. Un grand hommage doit être rendu par toutes les générations "fusistes", à cet homme dévoué et généreux.

1  -  DE LA SALLE DORA A TAMEJJAJET 

Voici dans l'ordre chronologique les locaux qui ont abrité l'activité du club depuis sa création.

             ·     La salle "dora" située dans l'ancienne médina de Rabat à Sidi Fateh. Cette salle a abrité les gymnastes de l'USRS (qui formeront plus tard la section du FUS) jusqu'à son bouclage par les unités de l'armée française en 1944.

             ·     Les maisonsen médina de certains membres de l'association, (Benabdallah, Baïna, Ben Omar, Karioun...) où ont été recueillis en 1944, les équipements   sportifs (barres parallèles, cheval d’arçons,   barre fixe...).

             ·     La baraqueconstruite à la plage de Rabat en 1944 par M. Benabdallah membre de l'association.

             ·     La "Salle Jebli", située au quartier Hassan et Inaugurée en Juillet 1947, cette salle a été mise provisoirement et gracieusement à la disposition de l'association par le premier Président du FUS Ahmed Jebli.

             ·     L'"Ecurie" ou "fandak" Benomar : Aussi cocasse que cela puisse paraître, les gymnastes du FUS se sont bel et  bien entraînés dans cette écurie (une vraie) située à Sidi Fateh dans l'ancienne médina  et appartenant à la famille Benomar.

             ·     Le Terrain et les installations en plein air de la section basket-ball du Fus (ex Olympique).

             ·      La Salle " La Lorraine" : la section a été installée en 1955 dans le local du club français " La Lorraine". Le club a cohabité avec cette association jusqu'à sa dissolution au début des années soixante. Cette salle sera concédée officiellement au FUS jusqu'à ce qu'il en soit dessaisi en 1968 au profit du MSR.

             ·      Espace Tamejjajet: Ancien cimetière, l'espace Tamejjajet a été octroyé par Feu S.M. Mohamed V en 1956 à la section gymnique du Fus. Dessaisi de cet espace en 1968, le FUS l'a récupéré, non sans difficulté, en 1993.

             ·     L'Eglise du quartier de l'Océan: Après son expulsion en 1968 de la salle " La Lorraine" (au profit du club MSR), la section s'est installée au sous sol de cette église, grâce  au concours du curé de la paroisse.

             ·      La Salle "Mamoun" (ex La Lorraine):  Le FUS a été réinstallé  officiellement  par la Willaya dans cette salle en 1989  pour libérer l'église du quartier de l'Océan, qui devait subir des transformations afin d’être affectée à d'autres activités, essentiellement culturelles.

             ·      La Salle Tamejjajet : En 1996, année qui coïncide avec le cinquantenaire du FUS, la section retourne à Tamejjajet.

2 - Dora et Tamejjajet deux symboles

Cette étrange pérégrination que nous venons de décrire, cet entêtement des gymnastes du FUS à vouloir continuer leur activité contre vents et marées (intimidation des uns, incompréhension des autres, absence de moyens), montre une fois de plus le combat mené par les responsables du FUS pour assurer la pérennité de cette prestigieuse association et, surtout, pour rester fidèles aux objectifs fixés par ses fondateurs.

Avec la rétrocession de l'espace "Tamejjajet" à son  ayant droit, le FUS,  grâce surtout à l'action d'un grand militant de cette association Si Abdelkrim Bennani président actuel du Comité Directeur du FUS, il semble que cette longue "histoire de salle", a connu son dénouement.

Le récent aménagement à l'intérieur de l'espace Tamejjajet d'une salle d'entraînement, sa situation stratégique et sa capacité d'accueil, doivent permettre en effet à la gymnastique au FUS de voir enfin le bout du tunnel et de se hisser à la place qu'elle mérite.

Si pour les fusistes le nom de la salle Dora est le symbole du militantisme et de la persévérance, celui de Tamejjajet est le symbole de la récompense, de l'avenir et de l'espoir.
Puissent ces deux noms incarner, pour les générations futures, le combat des membres d'une association pour la défense de nobles idéaux.

  LE RAYONNEMENT

Le FUS a joué le rôle d'une véritable pépinière pour les autres clubs nationaux de gymnastique.  En effet certains de ses techniciens exercent aujourd'hui leurs talents dans d'autres associations, leur transmettant savoir et expérience.  D'autres ont brillé dans des disciplines aussi attrayantes que le "mains à mains" le Plongeon ou l’athlétisme.

Nous citons quelques-uns de ces techniciens qui ont contribué au rayonnement de l'association dans notre pays, parfois même en dehors du Maroc.

1- LES GYMNASTES DU FUS AU SERVICE D’AUTRES CLUBS

Ahmed Lamzoudi : Compagnon de la première heure des militants de l'USRS, ce technicien et éducateur fusiste a été pendant des décennies l'animateur principal du Tihad Athlétique Club de Marrakech (TACM).

Abdeslam Regragui : Ancien membre de l'équipe nationale, médaillée d'or à Beyrouth en 1957 et technicien de valeur, a dirigé pendant plus de 35 ans le Difaa Riadi de Fès (DRF).

 Ahmed Boujendar : Affecté à la Joyeuse Union Kénitréenne (JUK) au début des années 70, cet ancien membre de l'équipe première du FUS a permis au club de Kénitra de reprendre son activité gelée depuis plusieurs années.

Abderrahim Benazzouz : Ancien membre de l'équipe nationale, il est à l'origine de la reprise des activités du Maghreb Sportif de Rabat (MSR) qui avaient été gelées pendant près de 12 années. Actuellement il est installé au Canada où il exerce ses talents d’entraîneur dans un club de gymnastique.


Sif El Islam Yaacoubi : Ancien membre de l'équipe première du FUS et animateur principal de l'école des jeunes, cet enseignant d'Education Physique et Sportive, installé récemment au Canada, fait un excellent travail au sein d'un club de gymnastique d'Ottawa : le "Nepean-Corona - School of Gymnastics".

2 - LA GYMNASTIQUE DE PARADE

Le caractère spectaculaire des mouvements de gymnastique et leur diversité, ont toujours fait de cette discipline, un sport de parade. Aussi, les gymnastes ont-ils, de tout temps été sollicités pour faire des représentations gymniques, en dehors des compétitions officielles.

Dans ce domaine aussi, les "fusistes" ont fait preuve d'un talent certain en réalisant des prouesses dignes des spécialistes du cirque, tant dans les mouvements de "mains à mains" et les "pyramides humaines" (variante de l'acro-gym), que dans les épreuves plus dynamiques, comme les exercices de voltige au tremplin souple.

Parmi les gymnastes du FUS qui ont brillé dans cette discipline, nous citons : M'hammed Balafrej, Ahmed Fellat, Tahar Laoufir, Abdellatif Bouallaga, Abdelmoumen Tidjani...

Quant aux exercices de "pyramides", c'est sans conteste Mustapha Bensaïd qui en a été pendant longtemps, le grand spécialiste : les tableaux mémorables qu'il a présentés sont la meilleure preuve du talent de cet éducateur chargé de la formation des jeunes du club pendant quelques trois décennies.


3 - LA GYMNASTIQUE TREMPLIN POUR LE TREMPLIN

S'il est une discipline sportive qui s'apparente le plus à la gymnastique, c'est bien le plongeon. Là aussi les gymnastes du FUS ont prouvé leur faculté à s'adapter et à exceller dans ce sport.

Dans cette discipline qui nécessite des prédispositions sur le plan acrobatique et esthétique, les "fusistes" ont réalisé des résultats très honorables sur le plan national et international notamment les deux titres nationaux (1958, 1962) d'Ahmed Fellat et la médaille d'or obtenue par son élève Ahmed Bzioui, aux jeux maghrébins de natation en 1966. 

Voici le palmarès de quelques-uns de ces gymnastes qui se sont distingués au plongeon, au tremplin de 3m notamment, au sein d'un autre prestigieux club de la capitale, le Yacht Club de Rabat:

 

Mokhtar Bzioui

Championnat du Maroc      1962

Othman Bennani

Championnat du Maroc      1958

Championnat du Maroc      1962

Ahmed Fellat

Championnat du Maroc      1955

Championnat du Maroc      1958 Championnat du Maroc      1959

Championnat du Maroc      1962

Ahmed Bzioui

Championnat du Maroc      1962 Championnats maghrébins 1966

4 – LES PIONNIERES DU FUS

 L'année 1965 peut être considérée à juste titre comme la date de la naissance d'une gymnastique féminine authentiquement marocaine. Bien avant cette date et dès 1913, les femmes pouvaient s'adonner à cette nouvelle forme d'activité. Malgré tout, les marocaines n'ont eu accès à cette discipline que bien plus tard dans certains clubs français ou dans les établissements scolaires. Ce n'est qu'en 1965, grâce à l'initiative de Brahim Laoufir président de la Fédération Royale Marocaine à l'époque, que la gymnastique féminine fut introduite officiellement dans le programme fédéral.

Depuis que les pionnières du FUS, Touria Ouazzani, Aïcha Semmari, Fatima Bendriouach, Zahra Ezzhar, Touria Lambarki, Khadija Benbouya entre autres, ont donné l'exemple en remportant le premier championnat féminin de l'histoire de la gymnastique marocaine, les sociétaires du FUS allaient dominer sans partage, pendant deux décennies, cette nouvelle activité. Pendant toute cette période en effet, l'ossature des équipes nationales étaient composée en majorité de gymnastes du FUS. A titre d'exemple, à l'occasion de Maroc Algérie à Oran en 1971 sur les six membres de l’équipe nationale quatre étaient des sociétaires du FUS (Naïma El Medkouri, Najat El Medkouri, Naïma Benboubker et Zohra Ezzhar). Cette domination allait continuer plus tard grâce à de grandes gymnastes qui ont marqué la décennie 70, comme Hanane Bensaïd, Bouchra Khouadra, Samira Adasko, Naima Affane et Naïma Mousaid.

5 - DES ATHLETES SONT PASSES PAR LE FUS

  Ce n'est pas un hasard si de grands athlètes sont passés par la section gymnastique du FUS. La gymnastique est en effet le meilleur moyen pour les sauteurs à la perche surtout, pour acquérir la nécessaire maîtrise du corps dans l'espace. Ces sauteurs ont pour nom : Ahmed Bzioui, Mohamed Bouihiri champion d’Afrique en 1984, Mohamed Kerbib et Younes Moudrik. Ce dernier converti au saut en longueur, est jusqu'à ce jour le meilleur performer national puisqu’il a remporté par deux fois le titre de champion d'Afrique en 2000 et 2002. Il est aussi le premier marocain à avoir dépassé les huit mètres dans cette discipline. Dans ce concours, Naïma BenBoubker meilleure gymnaste du FUS pendant plusieurs années, a elle aussi réalisé une grande performance en obtenant la médaille d’argent aux Jeux méditerranéens de 1983 à Casablanca.

  LA RENAISSANCE

Depuis le début des années  90, l'activité de l'association a pris un nouvel essor grâce à la subvention accordée par le Comité Directeur du club,  à l'octroi officiel au club de la salle Mamoun (ex La Lorraine) par la willaya de Rabat et à la rétrocession au FUS de l’espace Tamejjajet quelques années plus tard.

Depuis, la section gymnastique a retrouvé sa place naturelle, surclassant dans les petites catégories, des clubs qui n'ont jamais vécu l'instabilité et les difficultés matérielles qu'elle a endurées.

LE GYMNASE TANT ESPERE

Lorsque en 1956 Feu Sa Majesté Mohamed V a fait don de l’espace Tamejjajet à la section gymnastique, les compagnons de Brahim Laoufir étaient loin d’imaginer qu’ils allaient attendre 40 ans avant de disposer, à l’intérieur de cet espace, d’un gymnase digne de ce nom. Ce n’est en effet qu'en 1996, année qui coïncide avec le cinquantenaire du FUS que les gymnastes ont pu enfin s’installer dans l’une des meilleures salles d’entraînement du Royaume : la salle Tamejjajet.

Cette salle, dotée de tous les équipements nécessaires (agrès, bureaux, douches etc.) doit permettre au FUS de se hisser au rang des grands clubs du Maroc.


  LES MAITRES

L'histoire du sport national est riche de ces personnalités dont le nom est  lié à jamais à celui d'une association ou d'une discipline sportive pour laquelle ils ont œuvré avec dévouement.

Les chapitres précédents ont montré que la section gymnastique du FUS compte un nombre important de ces grandes figures: Brahim Laoufir, Mohamed Blidi, Mohamed Alami, Ahmed Fellat, Mustapha  Ben Saïd, Ahmed Lamzoudi, Mohamed Belkhadir...

Nous réservons ce chapitre à deux de ces personnages qui méritent un hommage particulier, Brahim LAOUFIR et  Ahmed FELLAT.

Pour tout ce qu'ils ont donné à la gymnastique marocaine, ces deux "maîtres" sont et seront toujours un modèle de dévouement et un symbole pour toutes les générations de gymnastes.

 

BRAHIM LAOUFIR

C'est incontestablement la plus grande figure que l'association ait connue, pour le rôle qu'il a joué pour la création du FUS, pour sa pérennité, son rayonnement et aussi pour l'action qu'il a menée dans le cadre de la lutte nationale pour l'indépendance.

Né en 1921, ce militant de l'Union Sportive de Rabat-Salé, a contribué pour une large part à la naissance de la section gymnastique du FUS.

D'après de nombreux témoignages, l'action de feu Brahim, ne se limitait pas au seul domaine sportif. "Cet homme est né pour aider les autres" disent de lui certains de ses camarades.

Dans le cadre de l'action nationale pour l'indépendance du pays, Il a joué un rôle important, en participant à des opérations de coordination entre les leaders nationalistes. Ceci lui a valu de connaître, comme beaucoup de ses camarades, les affres de l'emprisonnement.

Après la dissolution de l'USRS et le bouclage de la salle Dora par les autorités françaises, il s'est porté volontaire avec quelques-uns de ses camarades, pour faire disparaître le matériel et les documents secrets qui se trouvaient dans ce local.

En outre Brahim Laoufir a contribué à la création des sections de quartiers de football (qui étaient, rappelons le, de véritables cellules politiques) pour lesquelles il a fabriqué dans son propre atelier, des équipements leur faisant défaut, comme les ballons et les chaussures de football.

Sur le plan sportif, Brahim Laoufir a d'abord été gymnaste et entraîneur au sein de l'USRS, avant de devenir en 1946, le premier entraîneur officiel de la section gymnastique du FUS. Bien plus, il a été le premier entraîneur national marocain (il a accompagné l'équipe du Maroc aux Jeux Panarabes de Beyrouth en 1957) et le premier juge international marocain.

Ce technicien hors pair a prouvé qu'il était aussi un grand meneur d'hommes en présidant, pendant 15 ans, la section gymnastique du FUS.

Son action ne s'est pas limitée au seul cadre de l'association. Dès l'indépendance, il a contribué avec d'autres responsables de clubs marocains à la création de la Fédération Royale Marocaine de Gymnastique qui a été présidée par un autre membre du FUS, Ahmed Jebli Aïdouni.

Lorsqu'en 1963 il était candidat pour la présidence de cette Fédération, c'était un homme ambitieux avec en tête beaucoup de projets pour la gymnastique nationale, qui avait obtenu la confiance des clubs, pour gérer pendant plus d'une décennie, les destinées de cette discipline.

Depuis cette date, et jusqu'à sa retraite "sportive" en 1974, Si Brahim allait œuvrer sans relâche, pour le développement de la gymnastique et pour sa vulgarisation.

En outre, Si Brahim a été à l'origine de la création, en 1965, de la Fédération Maghrébine de Gymnastique. De même qu'il a représenté le Maroc à l'occasion de nombreuses manifestations internationales, tels que les jeux continentaux et les congrès internationaux.

Sur le plan professionnel, c'était un fonctionnaire exemplaire qui avait été chargé, au lendemain de l'indépendance, de la direction de la prison civile de "Lâalou" à Rabat. Drôle de destin cependant, que celui d'un homme qui s'est retrouvé responsable de cette même prison où il avait été incarcéré par les autorités françaises, et au pied de laquelle (cimetière "Lâalou") il a été enterré un mardi du mois d'Avril 1995.

 

AHMED FELLAT

L'histoire et notre mémoire d'enfants seront toujours marquées par l'image de cet élégant gymnaste, porteur du drapeau du FUS, précédant ses coéquipiers pendant les défilés organisés à l'occasion des festivités de l'indépendance. Il n'y avait pas un jour en effet, où on ne le voyait pas paradant avec fierté, à tel point qu'il est devenu pour les enfants que nous étions, le symbole de son club le FUS.

Cet ancien sociétaire de l'USRS, "Hmidou" (c'est le nom que lui connaissent tous ceux qui l'ont côtoyé), a été incontestablement jusqu'à ce qu'il prenne sa retraite sportive, l'un des plus grands techniciens de la gymnastique dans notre pays.

Né en 1925, Ahmed Ben Thami Fellat a été pendant près de vingt ans le meilleur gymnaste marocain, grâce notamment à ses qualités physiques et surtout à son sérieux.

Pendant cette longue carrière d'athlète, il a remporté plusieurs titres de champion du Maroc en individuel et par équipe.

En 1954, il était le premier et le seul athlète national à faire partie d'une équipe marocaine, composée de gymnastes français.

Jusqu'à cette période il aura été le meilleur gymnaste "autochtone" depuis l'avènement de la gymnastique au Maroc. Après l'indépendance, il a été sélectionné plusieurs fois en équipe nationale et a participé à plusieurs compétitions internationales dont les principales sont:

·       Les Jeux Panarabes de Beyrouth au Liban en 1957 (médaillé d'or)

·       Les Jeux Olympique de Rome en 1960.

Ses connaissances techniques, ses méthodes de travail et la rigueur qu'il a instaurée au sein de la section gymnique du FUS, ont fait de ce club, un modèle pour les autres associations. Aussi, les responsables de la FRMG lui ont-ils confié l'encadrement de l'équipe nationale, avec laquelle il a réalisé un excellent travail pendant près de 15 années.

Au sein de la FRMG, il s'est vu confier la présidence de la commission technique qu'il a dirigé pendant une dizaine d'années, avec le concours de quelques-uns de ses camarades du FUS.

Les qualités athlétiques de Haj Fellat auraient pu le destiner à d'autres carrières sportives. En effet, ayant joué au football à un niveau élevé, il s'est adonné au plongeon où il a excellé au sein d'un autre club prestigieux de la capitale, le Yacht Club de Rabat (YCR). C'est au Tremplin de 3 m, qu'il s'est distingué en remportant par deux fois   le titre de champion du   Maroc  en 1958   et 1962,   et en se classant deux fois deuxième, en 1955 et 1959. Dans cette discipline, comme en gymnastique, il a formé plusieurs générations de plongeurs. Au delà des titres sportifs qu'il a obtenu pendant sa carrière sportive, Ahmed Fellat a surtout été un grand éducateur et un formateur de grands sportifs. Une génération de gymnastes et de plongeurs a vu le jour grâce à lui pendant les décennies 50, 60 et 70. Parmi les élèves de Si Hmidou nous en citons quelques uns qui ont représenté dignement le FUS en gymnastique et le Yacht Club en plongeon, sur le plan national et international : Chiadmi, Louraoui, Boujendar, Bouras, Bzioui, Bennani entre autres.

Aujourd'hui encore, Haj Ahmed Fellat reste pour les "fusistes" le maître qui prodigue conseils et encouragements.


  CONCLUSION

Dans un environnement sportif de plus en plus "matérialisé" et médiatisé, l'histoire du sport et la conscience collective ne retiennent en général que les performances sportives réalisées par les champions qui brillent dans les stades et les salles de sport.  Il y a pourtant derrière chaque exploit sportif une grande dose d'efforts et d'énergie qui n'émanent pas que de ces champions qui en sont le produit final. C'est donc ce travail en amont, dont personne ne parle, que nous avons essayé de ressortir tout au long de ce livre. Un hommage doit en effet être rendu à ces soldats de l'ombre qui accomplissent des actions nobles et qui sont devenus par les temps qui courent une denrée rare.

J'espère avoir réussi à travers l'histoire de la section gymnastique du prestigieux club "Fath Union Sport" à rendre justice aux pionniers de la gymnastique marocaine d'abord, mais aussi, et surtout, à ceux qui ont marqué l'histoire dans le domaine de l'éducation, de la formation et du militantisme sportif.