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Ecrit par Cité Millénaire
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Les Almohades, qui à leur début avaient éprouvé beaucoup de difficulté à conquérir Salé , durent affronter la rébellion de la ville à l'instigation de ibn Houd al-Massi. Ils décidèrent, sur ordre de Abdelmoumen, de détruire ses murailles.
Ce même sultan avait agi à Fès et Sebtat en prononçant ces célèbre paroles : "nos murailles sont nos épées". Son petit-fils Yacoub al-Mansour reconstruisit l'enceinte de Salé du côté nord et sud-est en 1196. Mais les façades situées du côté du fleuve et sur le front de mer restèrent à découvert, ce qui sera plus tard à l'origine de la plus grande catastrophe de l'Histoire de Salé. En effet, lorsque le règne des Almohades prit fin et que les Mérinides leur eurent succédé, le gouverneur de Salé, Yacoub ben Abdellah le Mérinide, se souleva contre son oncle le sultan ben Abdelhaq qui se trouvait à Taza. Il demanda au roi de Castille de l'aider à détrôner ce dernier et à s'emparer du pouvoir. Ainsi, trente-sept navires de guerre castillans mouillèrent en face de Salé, au dernier jour du mois de ramadan de l'an 658 de l'hégire (1260). Dans la mi-journée de vendredi 2 choual, les guerriers Castillans débarquèrent et se ruèrent sur les habitants démunis, pris au dépourvu alors qu'ils étaient occupés à célébrer la fête de l'Aïd al-Fitr. Les assaillants avaient investi Salé du côté laissé à découvert face au fleuve. Il y commirent un massacre effroyable au cours duquel un grand nombre de Slaouis périrent. Femmes, enfants et vieillards furent encerclés dans la Grande Mosquée et trois mille d'entre eux furent capturés et emmenés comme esclaves à Séville.
Ce pénible épisode dura deux semaines, car le sultan mérinide Yacoub ben Abdelhaq accourut au secours de Salé aussitôt qu'il apprit la nouvelle de sa prise par les Castillans. Il eut vite faite d'ordonner l'alerte de ses troupes, effectuant une marche forcée pour arriver aux protes de Salé en une journée et une nuit. Il assiégea les Castillans pendant quatorze jours avant d'ordonner l'assaut de la ville, tuant tous les combattants espagnols qui s'y trouvaient encore, alors que les autres avaient pu fuir et regagner la flotte après avoir saccagé les maisons, pillé et incendié les commerces. La première mesure prise par le sultan après la libération de la ville fut de construire la muraille sud-ouest, en face de Bou Regreg. En 1261, il construisit au bout de la muraille faisant face à la mer un donjon gigantesque baptisé " Borj Adoumoue " (borj des larmes).
Source: Cité Millénaire
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